Communiqué de presse
Les propositions faites par Chantal Jouanno, secrétaire d’État à l’écologie, pour répondre dans l’urgence aux problèmes des algues vertes ressemblent à un emplâtre sur une jambe de bois. Ramasser les algues vertes en mer lorsqu’elles sont fraîches évitera la phase de putréfaction sur les plages : voilà tout ce que l’État propose !
Une solution curative de plus qui s’en prend au symptôme et ne remet pas en cause la racine du mal. La racine ? : le modèle agricole productiviste, prisonnier de l’intégration, est réduit à l’état de simple chaînon de production entre les « coopératives », souvent aux mains de sociétés financières internationales et qui n’ont plus de ce fait de coopératif que le nom, et la grande distribution soucieuse des dividendes de ses actionnaires.
« L’obligation de subir nous donne le droit de savoir » disait Edmond Rostand.
Après les décès de chiens et d’un cheval et les témoignages multiples de personnes ayant subi des effets allant du simple malaise au coma, chacun savait déjà que l’hydrogène sulfuré dégagé par les algues vertes en décomposition pouvait être mortel. Les alertes délivrées par des professionnels de santé comme le Pr Claude Lesné ne laissaient aucun doute à ce sujet. Aujourd’hui il y a de fortes suspicions autour du décès d’une personne. L’UDB demande à ce que la lumière soit faite sur les causes réelles du décès d’un salarié le 22 juillet 2009 alors qu’il venait de décharger sa troisième cargaison d’algues à la déchetterie du Launay-Lantic.
Madame la secrétaire d’État à l’environnement estime que « c’est au Procureur de la République de décider d’ouvrir ou non l’enquête ». Le contexte et les présomptions ne voudraient-ils pas que nous sachions collectivement la vérité, que l’État prenne ses responsabilités et exige une enquête ? Ne doit-on pas s’étonner que les services de l’État dans le département, informés très tôt des conditions du décès de ce salarié, aient attendu plus d’un mois pour saisir le Procureur de la république et seulement après avoir reçu le courrier d’un élu local qui venait d’être informé des faits ? Pourquoi a-t-on fait circuler des rumeurs sans fondement sur l’état de santé et les pratiques de consommation de ce salarié ? A-t-on cherché à dissimuler les faits au nom de la raison d’Etat ? Cherche-t-on encore à étouffer l’affaire ? Le sujet est trop grave pour être traité dans la rubrique des faits divers.
Au-delà du drame familial, l’émotion est forte en Bretagne tant les éléments convergent vers l’hypothèse de la mort au travail en lien direct avec les algues vertes. En attendant des mesures préventives nécessairement radicales pour être efficaces, l’UDB demande que la santé des salariés qui travaillent autour des algues vertes sans aucune protection ni protocole soit enfin protégée.
N’avons-nous pas assez payé sur l’autel des bénéfices et autres dividendes ? La Bretagne et les Bretons subissent depuis trop longtemps : dégradation des paysages, empoisonnement des milieux naturels, pollution de l’eau par les pesticides et les nitrates…. Aujourd’hui le capitalisme imposerait-il des sacrifices humains ?
La responsabilité directe de l’État est clairement établie. Depuis 1991, l’État refuse d’appliquer les directives européennes sur la protection des eaux et le Tribunal Administratif a condamné à de nombreuses reprises l’État pour « ses carences et manquement dans la mise en œuvre des réglementations nationales et européennes…. en relation directe avec la pollution nitratée des eaux à l’origine des marées vertes ». L’État et ses serviteurs, à savoir les élus qui délivrent aveuglement permis de construire et autorisations d’extension d’élevages intensifs, partagent la responsabilité de la situation. Aujourd’hui allons-nous laisser faire les projets de maternité porcine de Trébrivan et de poulaillers géants à Glomel et à Plouzélambre ?
Pour l’UDB, plus que jamais le lien entre environnement et santé publique exprimé dans l’article 1 de la Charte de l’Environnement (« chacun a le droit de vivre dans un environnement équilibré et respectueux de sa santé ») doit être traduit dans les politiques, et l’État doit le premier montrer l’exemple du respect des lois et du droit.
Pour l’Union démocratique bretonne, La porte-parole Mona Bras

