Cap’artìculu
Le rôle du PNC
Il y a bientôt un an, lors de son assemblée générale tenu sous chapiteau à Corti devant près de mille militants, le PNC a pesé de tout son poids pour faire prévaloir sa ligne politique : refuser la « grande liste nationaliste », et constituer pour mars 2010 une offre politique à deux listes, les « modérés » et la « LLN ».
À ce moment-là, ceux qui étaient nos partenaires des européennes, i Verdi Corsi, ne le voyaient pas du tout de la même façon, et ceux qui seront par la suite nos partenaires des territoriales, Chjama Naziunale et Inseme pè a Corsica, privilégiaient eux aussi la relance d’une configuration de type 2004, en prônant la « grande liste » avec Corsica Lìbera. C’est en étant bien isolés que nous avons fait valoir notre conviction : seul le schéma à deux listes pouvait élargir la base électorale nationaliste, et ouvrir des passerelles à travers un discours crédible sur la prise de responsabilité. Et de marteler : il n’y aura pas de « grande liste nationaliste » car le PNC n’en sera pas ! Encore fallait-il peser suffisamment pour pouvoir affirmer cela ! Le pari de faire notre AG sous chapiteau a alors été pris, avec pour objectif d’arriver à la participation d’un millier de militants. Pari tenu le 29 novembre 2009. Il a fallu ensuite encore presque deux mois pour que la situation politique évolue favorablement. Chjama Naziunale et Inseme pè a Corsica, conscients que le PNC était en mesure de mener campagne et de faire, même seul, un score excellent, ont fini par rejoindre notre option, tandis que Corsica Lìbera s’organisait de son côté sur son créneau politique propre. C’est ainsi que l’union du « courant modéré » s’est faite, plutôt dans la douleur, courant janvier, pour conclure un accord duquel i Verdi, malheureusement, sont restés à l’écart. On connait la suite : plus de 18 % au premier tour, 26 % au deuxième tour, avec Corsica Lìbera qui a maintenu son audience autour de 10 %. Avec 36 % des voix, le nationalisme a atteint un score inégalé, et ce sont onze conseillers territoriaux de Femu a Corsica qui ont été élus, malgré le renforcement de la prime majoritaire dont la liste d’union de la gauche a profité sans pour autant réussir à obtenir la majorité absolue. Les territoriales de mars 2010 ont installé une nouvelle donne politique en Corse. Il nous faut aujourd’hui la faire fructifier. Tout d’abord, il faut faire sentir le poids de nos élus. Menée contre le projet EDF de centrales au fioul lourd en Corse, la manifestation médiatique du groupe dans l’hémicycle lors de la dernière session, tout en maintenant la pression sur la majorité dont la position a d’ailleurs sensiblement évolué au cours de la journée, a aussi eu un rôle « pédagogique » : faire ressentir concrètement le poids de nos onze élus. Sur tous les dossiers, la bataille est âpre, mais des succès sont là, comme par exemple la relance de la commission Tchernobyl et la mise en place d’un registre des cancers obtenus lors de cette session. Il faut ensuite faire jouer à Femu a Corsica son rôle de rassembleur des aspirations populaires de la Corse. Observons les journaux : chaque fois que s’exprime le dynamisme du peuple corse, que ce soit pour ouvrir une crèche en Balagne, organiser un secteur d’activité professionnelle, porter une revendication syndicale ou organiser un festival, on observe qu’une majorité des acteurs engagés se sont reconnus dans notre liste. L’analyse est simple : en passant de 15 %, notre poids jusque là communément admis en « fourchette haute », à 26 %, notre score de mars dernier, nous avons fait basculer 14.000 électeurs qui votaient jusque là à droite, à gauche, ou restaient dans l’abstention. Et pour 14.000 qui ont franchi le pas, combien sont-ils qui ont hésité et qui sont près de le faire ? À travers Femu a Corsica, c’est l’avenir de la Corse qui s’exprime. Encore faut-il, le jour venu, être en mesure de faire le « bon choix » pour qu’il puisse s’exprimer. Il y a un an, c’est le rôle qu’a joué le PNC, à contre courant d’un « unionisme » si facilement consensuel, mais dont la « facilité » aurait privé le peuple corse d’un bond en avant considérable en mars 2010. Pour pouvoir jouer ce rôle, il faut disposer d’une force politique inscrite dans la durée, avec des structures pérennes et démocratiques. Ainsi, le 28 novembre 2010, presque un an plus tard jour pour jour, aura lieu l’Assemblée Générale du PNC à l’Università di Corti. Je ne peux que vous convier tous à ce rendez-vous politique important pour la Corse. ● François ALFONSI

