Batera* rencontre François Alfonsi député européen de l’Alliance Libre Européenne
François Alfonsi, député européen du Parti de la Nation Corse (PNC), a été élu dans le cadre d’Europe Ecologie, en seconde position dans la circonscription du Sud Est. Il représente au sein d’Europe Ecologie la Fédération Régions et Peuples Solidaires. Samedi 26 septembre, une réunion a eu lieu entre le nouveau député européen et le comité directeur de Batera. Au sortir de cet échange, François Alfonsi communique :
“Lors de sa dernière Assemblée Générale, Batera a adopté le projet d’organiser, à l’occasion des futures élections régionales, une consultation de la population à côté des bureaux de vote sur le principe de la création d’une institution publique basque spécifique, représentative du territoire basque. En effet, les Basques sont environ un tiers du département des Pyrénées Atlantiques, et une part très réduite de la Région Aquitaine. De ce fait, il n’existe aucune Assemblée élue où le peuple basque puisse faire valoir ses choix démocratiques.

Une telle situation est unique en Europe. Dès l’instant qu’un territoire accueille du fait de son Histoire une population ayant des spécificités culturelles et linguistiques, cette communauté particulière bénéficie d’un cadre institutionnel propre, qui, dans la plupart des cas, est une région, même si, ponctuellement, cela peut prendre d’autres formes (province/département, ou même simple commune). Mais jamais il n’est observé en Europe qu’une population différente par son histoire, par sa langue et par ses coutumes se trouve ainsi privée de tout moyen d’exprimer, à travers une institution propre, sa réalité démocratique.
Cette situation faite au Pays Basque en France est donc profondément anti-démocratique, et, pour tout dire, carrément coloniale, car c’est ainsi qu’elle se qualifie, de façon claire et nette. Et cela d’autant plus que la demande de création d’une entité institutionnelle spécifique au Pays Basque a reçu le soutien de la plupart des institutions locales basques, à commencer par les deux tiers des communes du territoire. La société civile basque, à travers de multiples initiatives, a manifesté elle aussi sa volonté de création d’une institution basque, et a démontré à quel point son absence était préjudiciable à son développement économique et social : agriculteurs privés d’une Chambre d’Agriculture, Université privée d’autonomie, etc. Aussi, dans le cadre du Parlement Européen, le groupe des élus Verts/ALE sera amené à dénoncer ce déni de démocratie, et à appuyer les initiatives prises par Batera, notamment celle du référendum programmé en mars prochain. »
* Regroupant des élus de droite, de gauche, ou nationalistes, des partis politiques basques et français, et des personnes issues de la société civile, du monde économique et culturel, Batera (« ensemble » en basque) est une plate-forme qui œuvre à quatre revendications : la reconnaissance de la langue basque, la création d’une chambre d’agriculture en Pays basque, la création d’une université, et la création d’une collectivité spécifique territoriale basque.

