Accueil du site »Presse »Revue de presse »2011 »Belkacem : nouveau président du Congrès mondial amazigh (berbère)

Belkacem : nouveau président du Congrès mondial amazigh (berbère)< - Le 29 septembre 2011

Le sixième Congrès mondial amazigh s’ouvre vendredi 30 septembre à Djerba, en Tunisie. La reconnaissance de la minorité berbère dans la future Constitution libyenne sera au centre des discussions.

(THOMAS WIRTH / BELGA / AFP) L’ancien président du congrès mondial amazigh, Rachid Raha (gauche) et le nouveau président, Lounes Belkacem (droite)

À chaque fois qu’il retourne en Algérie, Belkacem Lounes a la peur au ventre. « Je bouge beaucoup, ne reste jamais au même endroit. » Jouer les anguilles, tel est le subterfuge qu’utilise le président du Congrès mondial amazigh (berbère) pour déjouer les services de sécurité algériens. « Je ne crains pas d’être arrêté, les autorités ont compris de longue date que la détention était source de publicité pour les opposants. Non, je redoute “l’accident”, l’assassinat maquillé en accident. » Car, depuis près de dix ans, Belkacem Lounes, professeur d’économie à l’université de Grenoble et conseiller régional Rhône-Alpes (Régions et peuples solidaires, allié à Europe Écologie-Les Verts), incarne la cause berbère, la défense du peuple amazigh (« hommes libres » en berbère), soit 35 millions de berbérophones vivant en Afrique du Nord et dans la diaspora. PEUPLE OPPRIMÉ Une cause qui monte en puissance. En 1994, le Festival du cinéma de Douarnenez sur les peuples opprimés fut consacré au peuple berbère. « Nous nous sommes retrouvés, Berbères de nombreux pays, parlant la même langue, ayant les mêmes problèmes », se rappelle Belkacem Lounes. Il avait alors 33 ans mais déjà un long passé d’opposition en Algérie, puis en France, les Kabyles ayant été pionniers dans la résistance au vaste mouvement d’arabisation accompagnant l’islamisation. « Dès 1962, les chanteurs kabyles furent interdits à la radio, l’indépendance ne fut pas source d’indépendance pour les Berbères, au contraire. » La répression, en 1980, du « printemps berbère », le montra au monde. D’où l’idée d’une organisation internationale. « Nous utilisons les conventions de l’ONU, très favorables aux peuples opprimés, pour dénoncer les violations de nos droits et faire pression sur les États. » FAIRE VALOIR LES DROITS Première victoire : la reconnaissance du berbère, devenu langue officielle au Maroc depuis juillet (il est langue nationale depuis 2002 en Algérie, mais sans conséquences concrètes). « Ce n’est qu’une étape, le Maroc reconnaît dorénavant deux langues, mais encore un seul peuple, la Constitution se référant à la nation arabo-islamique. Or les Berbères sont majoritaires dans le pays », précise Belkacem Lounes. Il entend bien ne pas rater le coche de la nouvelle Constitution libyenne. La minorité berbère (environ 8 % de la population), opprimée dans la Libye de Kadhafi et qui a largement contribué à la libération du pays, entend faire valoir ses droits. L’enseignement et l’usage de la langue en Libye seront au centre des discussions du sixième Congrès mondial amazigh, qui se tiendra dès demain et jusqu’au 2 octobre sur l’île tunisienne de Djerba. MARIE VERDIER

Répondre à cet article