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CUNFERENZA DI STAMPA< - Le 13 février 2011

BASTIA, u 9 di ferraghju 2011

La question du sort des prisonniers politiques fait partie des fondamentaux communs à l’ensemble des nationalistes, toutes tendances confondues. Aujourd’hui, cette préoccupation est unanimement partagée au sein de la classe politique, et plus encore, sa résolution est très largement réclamée par l’ensemble du peuple corse.

Le rapprochement des prisonniers Corses incarcérés en dehors de l’île, qui est un aspect de la question des prisonniers politiques, est un problème posé depuis longtemps, parfaitement connu, et sur lequel des engagements fermes ont été pris par l’Etat depuis plusieurs années.

Ces engagements n’ont jamais été tenus.

1) l’Etat ne reconnaît pas la notion de « prisonnier politique » : or, dans les faits, il applique cette notion en appliquant systématiquement une discrimination aux détenus condamnés pour des faits en relation avec leur opinion ou leur engagement politiques.

Ex : a) lorsque des rapprochements sont appliqués dans des places libérées dans des établissements de détention en Corse, ils concernent uniquement les détenus de droit commun, y compris lorsque ceux-ci n’ont que des attaches très indirectes avec la Corse.

b) les condamnés à de longue peine, dès lors qu’ils sont des détenus politiques, sont systématiquement exclus du rapprochement.

2) L’Etat multiplie les manoeuvres dilatoires pour ne pas appliquer sa propre loi :

Ex : la loi du 24 nombre 2009 sur le rapprochement familial des personnes détenues dont l’instruction est close (qui pourrait s’appliquer à plus de vingt prisonniers politiques actuellement incarcérés en région parisienne) n’est toujours pas appliquée, faute, prétendument, de décret d’application ….

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Les mois écoulés ont pourtant permis d’espérer qu’une solution satisfaisante allait enfin être mise en œuvre :

-  La revendication du rapprochement a été reprise à son compte par l’ensemble de la classe politique insulaire, notamment à travers une motion votée à l’unanimité le 27 mai 2010 ainsi que le vote d’un projet de loi à l’initiative du député Sauveur Gandolfi-Scheit ;

-  Le 13 septembre 2010, une délégation composée de tous les groupes de l’Assemblée et des parlementaires de la Corse a été reçue par le Garde des Sceaux, qui s’est engagé à ce que des avancées significatives interviennent avant la Noël ;

-  Malgré leur exaspération et leur détresse face au non-respect des engagements pris, les familles des prisonniers politiques, notamment à travers les actions de l’association humanitaire Sulidarità, ont manifesté pacifiquement pour le respect des engagements pris ;

-  L’ensemble de l’opinion publique insulaire juge sévèrement l’attitude de l’Etat qui, avec une parfaite mauvaise foi, se refuse à appliquer sa propre loi en multipliant les attitudes dilatoires et les faux prétextes ;

C’est dans ce contexte qu’est intervenue l’annonce de la réunion du 15 février 2011 avec le nouveau Garde des Sceaux.

Malgré les déceptions et les mensonges passés, le groupe Femu a Corsica espérait que cette réunion serait enfin l’occasion pour l’État d’exprimer sa volonté politique de procéder au rapprochement des prisonniers.

Tout au contraire, nous avons appris indirectement, le mardi 7 février, que la réunion prévue était reportée sine die « après les cantonales ».

Sur la forme et sur le fond, cette attitude est l’expression d’un mépris inacceptable :

-  Mépris inacceptable vis-à-vis des prisonniers et de leurs familles,qui ballottés d’échéances en échéances et de promesses non tenues en promesses non tenues, se voient infliger une triple peine : celle de la privation de liberté, celle de l’éloignement géographique et familial, celle de l’attente sans cesse déçue ;

-  Mépris inacceptable vis-à-vis de l’ensemble des élus de la Corse, traitée avec une désinvolture sans pareil. Tolérer que les élus de la Corse soient traités ainsi serait les décrédibiliser

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Certains, à Paris, misent manifestement sur une stratégie de la tension, en organisant volontairement le pourrissement d’un dossier dont le règlement serait un signe fort de décrispation et de volonté de recherche d’une solution politique, tout en étant qu’une stricte application du droit.

Le groupe « FEMU A CORSICA » n’accepte pas cette attitude de l’État.

Le groupe « FEMU A CORSICA » n’accepte pas que les prisonniers et leurs familles soient traités avec un tel mépris, en violation des règles de droit et de la demande unanime des élus de la Corse ;

Le groupe « FEMU A CORSICA » n’accepte pas que les élus de la Corse soient ridiculisés par les manœuvres et les atermoiement de Paris.

L’heure est à la mobilisation démocratique et élargie : nous appelons solennellement à la réunion, avant la prochaine session de l’Assemblée de Corse, de tous les participants à la réunion du 13 septembre 2010 (Présidents des groupes de l’Assemblée, Président de l’Assemblée et de l’Exécutif, parlementaires) afin de déterminer les moyens d’obtenir de Paris l’application immédiate des engagements pris concernant le rapprochement immédiat et effectif des prisonniers politiques.

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