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D. GROSCLAUDE. Tête de liste Europe Écologie aux régionales « Des filières courtes, même en politique » < - Le 8 décembre 2009

Non, je m’y attendais ! Ce sont les Verts qui se sont exprimés pour désigner Jean Lissar. Je ne sais pas s’il y a eu faute politique, mais il y a au moins eu faute médiatique, quand on a annoncé le nom de Jean Lissar pour la tête de liste. Tous les « non verts » ont été surpris, puis ont protesté sur la méthode. En discutant, tout le monde s’est finalement rendu compte qu’il y avait eu un problème de méthode. Et on est revenus à ce que l’on souhaitait, c’est-à-dire un candidat « hors Verts » pour les Pyrénées- Atlantiques. Appelons cela un simple épisode. D’ailleurs, la solution trouvée, avec une tête de liste régionale pour les Verts, et trois têtes « non verts » me paraît équilibrée. Cela donne tout de même l’impression d’un cafouillage... On ne peut pas non plus se plaindre que la politique intègre l’humain. Il y a de l’humain dans la démocratie, c’est pour cela que c’est si difficile. Cela réclame la mobilisation de tous les sentiments possibles, comme l’amertume, parfois, mais aussi la capacité des gens à se mettre en avant. Fatalement, il y aura certaines insatisfactions, mais l’équipe de campagne va se mettre en place, et les liens originels vont se renouer. Vous savez, dans les réunions d’Europe Écologie, il n’y a pas marqué sur le front de chacun s’il est membre des Verts ou non...

Cette campagne sera-t-elle votre première incursion dans la politique ?

Non, j’ai déjà été candidats lors de régionales de 1986 et 1992 sur les listes Entau Pais, qui ont fait des scores aux environs de 2,5 %. C’était une époque où on ne faisait pas trop la différence entre les écologistes et les régionalistes. On a fini par s’apercevoir qu’on était tous issus des mêmes cercles d’idées, et on a fini par se retrouver. Mais êtes-vous membre d’un parti politique ? Oui, je viens d’adhérer au Parti occitan il y a peu, qui est intégré dans Régions et peuples solidaires, déjà alliés des Verts. Jusqu’alors, je présidais une grosse association, l’Institut d’études occitanes, et je ne voulais pas mélanger. Je viens d’ailleurs d’annoncer à mon bureau que la vice-présidente représentera désormais l’IEO le temps de la campagne, et le temps que je me retire.

Comment la voyez-vous ?

Je voudrais faire une campagne positive. Pas contre quelque chose, mais plutôt pour. La LGV, par exemple, j’ai surtout envie de dire que ces 15milliards annoncés pourraient servir au transport ferroviaire local. On ira à Paris plus vite, soit, mais la plupart des gens n’y vont que deux à trois fois par an. Mon fils, en revanche, il prend le train tous les jours pour aller au collège. Pareil pour le stockage de CO2. Pour moi, la meilleure tonne de CO2 n’est pas celle que l’on stocke, mais celle que l’on ne produit pas. Qu’est-ce qui vous a marqué ces derniers temps dans l’actualité locale ? Ce sont les pancartes que je vois fleurir de plus en plus, depuis la crise du lait. Des producteurs laitiers annoncent « vente directe » sur le bord des routes. Tout d’un coup, certains se rendent compte de l’intérêt des filières courtes. Je crois à ces filières courtes, même en matière politique.

Auteur : Nicolas Rebière http://www.sudouest.com

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