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Discours du secrétaire fédéral du Pòc au meeting Europe Ecologie de Pau (16/04/09)< - Le 17 avril 2009

Adishatz a tots e planvienguts. Soi plan content de vos parlar d’europa anueit e sustot plan uros d’acompanhar aquesta campanha electorau, aquesta bateste per las europeencs aici en Bearn, en Occitania, a Pau. Bonsoir à tous.

C’est un grand plaisir pour moi de retrouver le Béarn et la ville de Pau, ce pays où j’ai passé la plus grande partie de mon enfance et de mon adolescence. J’interviens ce soir en tant que porte-parole du partit occitan, parti autonomiste du territoire occitan et je représente également la fédération Régions et Peuples Solidaires qui regroupent les basques et les catalans qui sont présents sur cette circonscription Sud-ouest, mais par ailleurs les corses (et notre ami François Alfonsi), les bretons, les savoisiens et les alsaciens. Les partis politiques des nations sans états, les « régionalistes » comme on les appelle ici, travaillent ensemble à l’échelle de l’Europe depuis près de 30 ans. Cela constitue un parti politique européen, l’Alliance Libre Européenne qui compte 6 eurodéputés et qui fait groupe commun au parlement avec les verts européens, le groupe Verts-ALE.

Ce soir je voudrai dire trois mots sur la crise, sur l’autonomie des régions et enfin le fédéralisme européen.

Tout d’abord la crise qui nous touche tous de plein fouet. Les observateurs s’accordent sur le constat d’une crise sociale globale : crise financière et crise économique (emploi, capitalisme financier), crise écologique (limite des ressources naturelles et du productivisme), crise des institutions et de la démocratie (représentation du peuple). Une fois le tableau dressé, c’est du coté des solutions que les avis divergent entre un laisser faire libéral et un changement radical du système en place. Si des solutions de régulation internationale sont à trouver, les mouvements sociaux nous apportent également des alternatives possibles face à la crise. Pour illustrer mon propos, il est intéressant de revenir sur le combat qu’ont mené les caraïbes et notamment le peuple guadeloupéen. Si ces populations sont restées en lutte pendant plusieurs semaines, ce n’est pas tant pour les 200 € qui ont été longuement médiatisés mais bien pour les 146 revendications de leur plateforme commune. Revendications sur l’environnement de l’ile (pollution au Chlordécone insecticide pour les bananiers interdit tardivement), sur l’agriculture, la pêche, l’aménagement du territoire (maîtrise du foncier et contre une dépendance à l’importation de la métropole), l’éducation, la santé et la kilti (culture créole). Lors des manifestations de nombreux liens se sont tissés entre guadeloupéen et occitans. Car si la situation sociale, économique, culturelle en Guadeloupe diffèrent de l’Occitanie, les mêmes travers d’une logique centraliste de l’état français et une attitude post-colonialiste étaient constatés. Les revendications souhaitaient rétablir la dignité du peuple guadeloupéen : pouvoir se nourrir, décider de son avenir, former la jeunesse, vivre pleinement son identité.

Cet exemple montre la pertinence des analyses qui mettent en avant les dynamiques des populations sur un territoire cohérent, une région cohérente, une région avec une identité, non pas une identité en carton comme l’aquitaine, mais une région basque, une région occitane, une région catalane. Cette cohérence permet une relocalisation de la société et de l’économie. Souvent l’aménagement du territoire privilégie le déplacement des populations vers le marché du travail : pour nous c’est tout le contraire que nous mettons en avant, le développement endogène, de l’intérieur avec des moyens de productions sont là pour répondre aux besoins locaux. On parle d’agriculture vivrière pour nourrir les populations et non pas une monoculture du maïs, en partie OGM qui va être exporté et qui va gonfler l’empreinte écologique du territoire. Ce sont les circuits-courts, le rapprochement du producteur et du consommateur comme cela se passe sur des régions en Allemagne, en Italie, en Espagne. Pour l’énergie, ces régions font le choix des énergies renouvelables (Navarre : 61% électricité renouvelable), là où l’état centralisé français ne jure que par le nucléaire et condamne certains territoires (essai nucléaire colonies africaines, DOM-TOM). Aujourd’hui, le nucléaire vie sur les mines d’Uranium qui sont exploitées au Niger sans aucun respect des personnes qui vivent sur ces terres, les touaregs, et à qui cette terre appartient, sans aucun respect social des travailleurs et de leur famille, sans aucun respect écologique de la région, permet à l’état français de maintenir une énergie qui doit disparaitre. La question du nucléaire a été évacué du grenelle de l’environnement car elle remettait en cause le centralisme français associé à un capitalisme d’état, d’entreprise publiques ou semi publiques EDF, AREVA qui veulent imposer au monde leur façon de penser. Ici en Béarn, le bassin de Lacq a fait émergé la SNEAP puis l’empire ELF et TOTAL : les richesses en gaz naturel ont été pillées en quelques années pour ne laisser ensuite que des zones polluées et du chômage massif sans reconversion dès lors que l’exploitation n’était plus rentable. Est-ce que les populations locales voulaient ce modèle de développement ? Non, certainement pas.

Alors pour prendre les décisions localement et favoriser la relocalisation, cela nécessite des régions qui ont un pouvoir élargi – les régions françaises sont des nains de jardin par rapport aux autres régions européennes qui ont des budgets 20, 30, 40 fois supérieur à ce qu’il existe ici. En se projetant sur l’Europe, la recherche de solutions pour dépasser les crises, qui dépasser les travers de l’état central : c’est pour cela que nous proposons une Europe fédérale des régions et des peuples solidaires. Le modèle fédéral s’oppose au modèle de l’état unitaire, et nécessite une répartition des pouvoirs, et une dualité pour représenter la fédération, l’Europe politique que nous voulons construire et les régions. La France incarne trop le modèle de l’état unitaire avec un bonapartiste convaincu à sa tête, et l’Europe est en panne en laissant les gouvernants des états décider contre l’avis des populations. Le modèle fédéral permet à la fois de créer des dynamiques locales au niveau des régions et vise une gouvernance démocratique au niveau européen. Cette démarche s’inscrite dans une nouvelle constituante pour dépasser les traités antérieurs.

Pour finir, je voudrai revenir sur les mots d’ordre portés dans la rue, et celui de la Crida Anem Oc ! le 4 avril à Pau. « Perder la lenga, qu’ei perder lo pais ». Le droit des peuples et des minorités n’est pas qu’un combat linguistique, mais bien un combat pour la dignité d’un peuple et l’avenir de son pays. Comme la Guadeloupe, le Béarn, l’Occitanie, ne veut pas être une périphérie dépendante du bon vouloir de la capitale mais vivre pleinement son avenir en se développant avec ses voisins, notamment les aragonais qui passe par la réouverture de la ligne Pau-Canfranc.

La devise de l’Europe c’est « Unie dans la diversité », et c’est quelque part aussi une caractéristique du rassemblement Europe Ecologie. Et l’engagement du Partit Occitan est aussi fort dans cette campagne car nous savons que José portera la volonté des régions autonomes, qui souhaite répondre aux nouveaux défis, sociaux, économiques, culturels et écologiques liés à la crise actuelle, dans une Europe fédérale et solidaire.

Que compti plan sus l’engatjament hòrt de totas e de tots los poblans deu noste pais per capitar aquestas eleccions e bastir lo noste avenidor tre lo 7 de junh. Plan merçès.

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