Le phénomène José Bové a frappé dans toute la France y compris dans le département (14,57 % des voix) où le leader altermondialiste a fait plusieurs visites au cours des derniers mois. La plus remarquée remonte au 30 janvier, jour du procès intenté à Bayonne par l’administration préfectorale à Michel Berhocoirigoin, président de la Chambre d’agriculture basque alternative (Euskal Herriko Laborantza Ganbara), ami de longue date du leader paysan. Son alliance avec les Verts et les nationalistes n’était pourtant pas courue d’avance.
« Dimanche soir, on était ultra-contents, lançait, hier, un militant de la cause altermondialiste doublé d’un militant d’Abertzaleen Batasuna, parti nationaliste de gauche impliqué dans la campagne. Lorsqu’on a vu qu’on précédait le PS sur Bayonne avec 17,6 % des voix, qu’on arrivait également deuxièmes sur Biarritz et Saint-Jean-de-Luz, on n’en croyait pas nos yeux ! On avait l’impression que tout le monde avait envie de nous draguer. On avait bien senti qu’il se passait quelque chose durant la campagne... »
Dans le contexte basque, quelle part du succès revient aux deux partis abertzale présents dans la coalition ? Il s’agissait d’Abertzaleen Batasuna, incarné par la militante Menane Oxandabarats dont c’était la première véritable campagne. Derrière elle s’était également rangé Eusko Alkartasuna qui, il y a 15 ans, fut cofondateur de la coalition R & PS (Régions et Peuples Solidaires) intégrée dans la coalition. Impossible dans ce contexte de quantifier le succès obtenu par les uns et les autres.
La comparaison entre les cantons ruraux basques et béarnais prouve nénamoins l’influence abertzale. Ce que soulignent les intéressés. Ils sont convaincus que l’expérience de 2004, lancée avec l’ex vice-président Vert du Parlement européen, Gérard Onesta, a contribué à préparer le terrain au plan régional basque. Les nationalistes se félicitent ainsi de l’arrivée du Corse François Alfonsi (une première) au Parlement européen où il sera chargé de défendre « la cause des peuples sans état ». « La suite reste à inventer, indiquait, hier, Jean Lissar, conseiller régional Vert. Rien ne sera plus comme avant ! Il faut bien se rendre compte que le résultat de cette élection représente un vrai tremblement de terre pour le PS... Nous avons parlé Europe et ça nous a réussi. »

