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Européennes 2009 – Quelle vision du combat abertzale ? < - Le 2 juin 2009

Par Léonie AGUERGARAY élue de Musculdy – Panpi DIRASSAR élu à Espelette – Mathieu ELGOYEN élu de Saint Pierre d’Irube – Paxkal LAFITTE élu Saint Jean de Luz – Pantxika MAITIA élue à Anhaux

Trois paris différents ont été faits par les 4 partis abertzale présents en Iparralde en perspective des élections européennes du 7 juin 2009. Une division regrettable, mais des choix tous aussi respectables les uns que les autres, même si nous pensons qu’ils sont significatifs de visions différentes du combat abertzale.

Les 3 choix possibles pour les abertzale d’Iparralde : Le PNV a décidé de monter sa propre liste. Batasuna a décidé d’en créer une intitulée Euskal Herriaren Alde. Avantages : faire une campagne purement abertzale, avec des listes entièrement composée de militant(e)s d’Iparralde, une profession de foi bilingue sur des problématiques touchant de très près aux réalités locales.

Inconvénients : une campagne électorale de cette dimension coûte très cher et il n’y aucune chance d’atteindre le pourcentage grâce auquel les frais sont remboursés, il n’y a aucune chance d’avoir un élu, et nos quelques milliers de voix ne serviront pas à l’élection de quelqu’un qui pourrait servir de relai et de porte-voix à nos combats et revendication dans l’hémicycle européen. 2 des 4 partis abertzale d’Iparralde, AB et EA, ont eux décidé de négocier une alliance avec le rassemblement Europe Ecologie autour de José Bové comme tête de liste, prenant la place -sur proposition de ce dernier- de Gérard Onesta qui lui même avait bien rempli le contrat conclu entre les mêmes partenaires il y a 5 ans.

Inconvénients : il n’y a dés lors qu’une militante d’Iparralde dans la liste en question ; si les revendications abertzale sont particulièrement présentes dans la campagne qui se mènent en Iparralde, elles sont évidemment très peu visibles dans le matériel de campagne conçu pour une circonscription qui va de Bordeaux à Perpignan. Avantages : cette alliance est assurée d’avoir au moins un élu, José Bové, au parlement Européen, qui s’est engagé à se faire le relai -comme Gérard Onesta l’a fait pendant 5 ans- des combats abertzale, paysans, environnementaux, démocratiques locaux. Elle renvoie l’ascenseur à des gens et des forces politiques et sociales que nous sollicitons souvent pour soutenir notre langue, notre culture, nos preso, Laborantza Ganbara, notre environnement menacé par le lac d’Elordoi ou la 2X2 voies etc...

Quelle vision du combat abertzale ?

Si le choix de l’alliance avec Europe Ecologie a été adopté (ou plutôt reconduit, puisque il avait déjà été fait il y a 5 ans autour de la tête de liste Gerard Onesta qui était alors un parfait inconnu pour la majorité des abertzale d’Iparralde) à la quasi-unanimité par l’Assemblée Générale d’Abertzaleen Batasuna réunie pour définir sa stratégie pour les européennes, c’est parce qu’il est cohérent avec une vision de l’abertzaleisme portée par AB. Quand les circonstances l’exigent, quand le type de circonscription (de Bordeaux à Perpignan) et le mode de scrutin (à un tour) en font un choix logique, refuser par principe de chercher à s’allier avec d’autres secteurs politiques et sociaux, ou d’autres peuples, est porteur qu’on le veuille ou non d’une signification donnée, d’une certaine vision de l’abertzaleisme. Autre chose serait de ne pas arriver à conclure une telle alliance, faute de partenaires potentiels, ou parce que la négociation programmatique ou politique a échoué. Mais ne même pas tenter une telle alliance a du sens en interne -esprit qu’on insuffle au combat abertzale, comment on modèle ce qu’il sera demain- et en externe pour la manière dont on le présente aux non-abertzale d’Iparralde, et aux différents mouvements et forces des autres peuples et nations d’Europe.

Si AB a négocié une alliance, un accord politique et programmatique (1), avec des écologistes, altermondialistes, indépendantistes et autonomistes occitans et catalans, c’est pour renforcer une vision bien précise du combat abertzale, internationaliste, solidaire avec les autres.

Si AB mène aujourd’hui campagne ensemble, avec eux, au delà des divergences et des différences, en recherchant les points communs et les convergences possibles, c’est pour être cohérent avec une vision ouverte, attirante, intégratrice de l’abertzaleisme.

Nous pensons que pour les abertzale, le vote du 7 juin se basera profondément sur le choix entre ces deux visions, ces deux manières de vouloir construire l’abertzaleisme dans son sens profond, intérieur, et dans son rapport avec les autres.

(1) notamment engagement de la tête de liste José Bové à défendre l’officialisation de l’euskara, le respect des droits des prisonniers politiques basques et la légalisation des partis et mouvements publics interdits en Pays Basque sud, le droit à l’autodétermination, et engagement à revendiquer une même circonscription unique pour Euskal Herria.

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