Sauf coup de théâtre, Femu a Corsica demeurera dans l’opposition. Les forces dites de "l’alternance" ont confisqué l’espoir. Elles ont perverti les résultats de dimanche dernier... ont dénoncé les élu(e)s dans une conférence de presse ce 24 mars à Aiacciu. Quant à la droite, les plus folles rumeurs ont couru, aussitôt démenties formellement par Femu a Corsica, décidément très courtisée...
Lire le texte de la conférence de presse
"En préambule, nous tenons à remercier une nouvelle fois les 37.224. électeurs (26% des voix) qui, lors du 2ème tour de scrutin de dimanche dernier, ont accordé leurs suffrages à la liste « Femu a Corsica ».
Ce qui s’est passé dimanche dernier n’est pas une simple percée électorale.
C’est une véritable lame de fond, qui a associé des dizaines de milliers de femmes et d’hommes, de toutes générations, venus, bien souvent, d’horizons politiques différents.
Unis dans un même élan et dans un même espoir, ils ont clairement signifié leur refus de l’ancien système, fondé sur des pratiques clientélistes et archaïques, en même temps que leur volonté de construire une alternative pour la Corse.
Plus rien ne sera désormais comme avant. L’ancien système a vécu.
La Corse a engagé une mutation politique profonde, irréversible, appelée à s’amplifier encore dans les semaines et les mois à venir.
« Femu a Corsica » incarne, pour partie seulement, avec beaucoup d’humilité mais une conviction totale, cette mutation et cette alternative.
Naturellement, nous resterons fidèles à nos engagements fondateurs et au contrat moral passé avec nos électeurs et, au-delà, avec l’ensemble de notre peuple.
Dans le droit fil de ces engagements, nous avons, comme nous l’avions fait dans l’entre-deux-tours, pris attache avec l’ensemble des sensibilités représentées au sein de la prochaine Assemblée de Corse.
Nous avons successivement rencontré des représentants du courant indépendantiste, du courant UMP, et du courant « L’Alternance », ces derniers ce matin même à l’Assemblée de Corse.
La rencontre avec Corsica Libera a donné lieu à des échanges courtois et ouverts.
Nous avons convenu de la nécessité d’un dialogue approfondi entre nous, au sein de l’Assemblée comme en dehors de celle-ci.
Pour notre part, nous avons également réaffirmé notre attachement aux options stratégiques qui sont au cœur de la démarche « Femu a Corsica » : un nationalisme de construction et de projet, ouvert de façon naturelle à l’ensemble de la société corse.
Concernant les deux blocs traditionnels, ils ont une nouvelle fois fait la preuve de leur incapacité totale à se hisser à la hauteur des enjeux.
Sévèrement sanctionnée dimanche dernier, l’UMP solde aujourd’hui le bilan d’une mandature particulièrement négative, dont le projet de PADDUC aura été le parfait archétype.
En l’état, aucune construction commune, porteuse de cohésion, de sens et d’espoir, ne peut, être envisagée, d’autant que notre campagne a été axée sur la rupture avec l’esprit général de la mandature passée, et, plus encore, avec la politique menée par Paris dans ce pays, et les perspectives funestes auxquelles elle nous condamne.
Enfin, l’attitude de la liste « L’alternance », union des partis de gauche a totalement fermé la porte à l’espoir, en contradiction totale avec l’esprit et la lettre de ses engagements de campagne, et, plus grave encore, avec l’immense espoir de changement exprimé par la grande majorité des Corses.
Chacune des quatre listes composant cette union (Bucchini, Renucci, Zuccarelli, Giacobbi) avait dit à ses électeurs son souci d’ouverture à notre endroit et sa volonté de construction, avec notre liste, d’une majorité alternative et ouverte.
Les résultats du 2ème tour, qui n’ont donné à aucune liste la majorité absolue, auraient dû rendre plus nécessaire encore cette recherche d’un compromis politique.
En dépit de la modification radicale du mode de scrutin, à quelques mois à peine du 1er tour, voulue pour écarter les nationalistes de l’accès aux responsabilités, les Corses ont donc voulu signifier qu’ils souhaitaient nous voir inclus dans une majorité nouvelle.
La majorité de la liste « L’alternance » s’est, par principe et avant même toute discussion sur un éventuel contrat de mandature, opposée à pareille perspective.
Les forces politiques qui ont fait ce choix ont, selon nous, trompé leurs électeurs.
Elles ont confisqué l’espoir.
Elles ont perverti les résultats de dimanche dernier.
Elles ont fermé la porte à une véritable alternative, qui aurait pu engager la Corse sur le chemin du développement, de l’espoir et de la paix.
Nous en prenons acte, et disons solennellement, sans amertume et sans esprit de vindicte, que ceux qui ont fait ce choix devront en assumer les conséquences politiques devant les Corses, bien au-delà du seul troisième tour.
Pour notre part, nous continuerons dans le sillon tracé les 14 et 21 mars 2010 : celui d’un engagement exclusivement dédié aux intérêts collectifs de notre peuple, et visant à la construction d’une démarche d’émancipation ouverte et durable."

