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Indignons-nous : elle s’appelle Aurore Martin, et risque 12 ans de prison en Espagne !< - Le 12 janvier 2011

Ca se passe en ce moment à Pau. Un mandat d’arrêt international a été accepté par la France contre Aurore Martin pour avoir eu et exprimé des opinions politiques dans le pays historique des Droits de l’homme, sous le nom d’un parti interdit en Espagne mais légal et autorisé en France : Batasuna. Il est reproché à la militante d’appartenir au bureau de Batasuna et d’avoir à ce titre participé à des conférences de presse et des meetings. Elle s’appelle Aurore Martin, elle a 31 ans, elle est française, et elle risque 12 en prison en Espagne, dont elle ne parle pas la langue, pour militantisme politique. Au pays des droits de l’homme, après une mobilisation quotidienne pour demander la libération d’Ingrid Bettencourt, les édifices publics arborent désormais les portraits des journalistes Stéphane Taponier et Hervé Ghesquière, retenus en otages en Afghanistan. Ce même pays des droits de l’homme s’apprête à livrer une jeune femme de 31 ans à la Justice espagnole, au nom d’une procédure détournée : la lutte contre les actes terroristes est invoquée ainsi que le prévoit le mandat d’arrêt européen, en réalité il s’agit d’une criminalisation d’actes politiques démocratiques. Il s’agit d’une décision politique qui confirme le choix de la répression comme mode d’expression d’une nouvelle justice à la française voulu par ce gouvernement. Le fait de livrer une de ses resortissante à la justice espagnole, pour des faits en relations avec un parti politique légal ici, interdit là-bas, serait une prémière juridique en France et confirmerait les dérives fascisantes du pouvoir en place : débat tronqué sur l’identité nationale, chasse aux Roms, criminalisation de l’action syndicale et de la résistance sociale, etc... La Cour d’Appel de Pau avaient dénoncé en juin 2010 les dérives des juridictions d’exception espagnoles auquelles serait livrée Aurore Martin : elles ont cautionné des actes de tortures, motifs assez grave pour refuser la demande d’extradition. Car, même si Franco est mort, un pays ne se relève pas d’une guerre civile suivie de 30 ans de franquisme sans séquelle ni cicatrice. Aujourd’hui, 10% de la population du pays basque espagnol est interdite d’exprimer ses idées par les urnes : celles de Batasuna. Du coup, lors des dernières élections, le PS espagnol s’était associé avec le PP (Parti Populaire espagnol, équivalent de la droite de l’UMP, qui a eu pour élus d’anciens ministres franquistes.....) pour diriger la communauté autonome basque afin de battre les nationalistes centristes, non interdits, du PNV (Parti nationaliste basque). Lors des dernières élections municipales, par exemple, à Mondragon, Batasuna étant interdit, il y a eu 95% d’abstention et c’est un maire du Parti Populaire espagnol qui a été élu .... La Cour de Cassation de Paris décidait le 15 décembre 2010 d’accepter le mandat d’arrêt européen, faisant franchir à la justice française un saut quantique l’éloignant de la démocratie. Le 7 janvier 2011, Aurore Martin a fait savoir qu’elle refusait de se plier à son extradition et entrait en clandestinité. L’UDB soutient Aurore Martin dans sa lutte contre l’injustice et le droit à l’expression démocratique des idées politiques. L’UDB demande aux autorités européennes de réviser la procédure du mandat d’arrêt européen afin de garantir les libertés individuelles et à ne pas permettre de tels détournements de cette procédure.

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