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José Bové au Parlement de Stasbourg : la possibilité de faire entendre le message abertzale au niveau européen et l’engagement à lutter pour un autre modèle de construction européenne.< - Le 6 avril 2009

Baiona, 2009ko martxoaren 25a

Lors de l’Assemblée générale du 28 février dernier, AB a décidé de participer aux élections européennes qui se dérouleront le 7 juin prochain.

Cette AG a donné lieu à un riche débat, lancé sur la base d’une question fondamentale : pourquoi et avec quels objectifs aborder ces élections ? C’est la réponse à cette question qui explique en grande partie le choix que nous avons fait, et qu’il faut bien garder à l’esprit au moment d’expliquer celui-ci devant la population.

Tout d’abord, il est très important de rappeler la dimension que revêt l’Europe pour le mouvement abertzale, depuis aujourd’hui plus de 40 ans. C’est le cadre :

-  le plus propice à l’épanouissement des peuples avec ou sans État, au sein par exemple d’une structure fédérale pour laquelle nous militons ;

-  qui pourrait permettre le dépassement des États-nation, en particulier ceux qui maintiennent à l’heure actuelle la division du Pays Basque ;

-  d’une communauté supranationale en cours de construction qui conditionne désormais des pans toujours plus nombreux de notre vie quotidienne dans la logique de la mondialisation néolibérale, au sujet de laquelle nous avons un regard critique en tant que citoyen(ne)s de gauche et abertzale, dans une logique alter-mondialiste et antilibérale.

Euskal Herria n’est pas et n’a jamais été une terre repliée sur elle-même, mais bien un espace de passage, de croisements et d’échanges multiples qui ont contribué à faire l’Europe. Comprendre et revendiquer cette échelle qui dépasse nos 20.000km2 pyrénéens, c’est précisément ce qui fait que l’abertzalisme tel que nous le concevons à AB, n’est pas un nationalisme, étriqué et archaïque.

Aux yeux des militant(e)s d’AB, l’implication au niveau européen est donc une nécessité majeure, et il était hors de question de ne pas être présent à cette échéance. Lors de l’assemblée générale, deux possibilités s’offraient à nous au niveau d’Iparralde :
-  ne pas se présenter et éventuellement soutenir une autre liste.

-  se présenter dans le cadre de la liste Europe-Écologie.

La question du soutien à une autre liste en Iparralde ne pouvait concerner que Herritarren Zerrenda . Nous aurions pu souhaiter reconduire à ces élections la formule Euskal Herria Bai mais EA, membre du RPS était déjà impliqué dans une alliance avec Europe Ecologie et Batasuna nous a en toute franchise fait savoir qu’ils reconduiraient la formule Herritarren Zerrenda. Ces derniers ont été très clairs sur le fait que la démarche était d’ores et déjà verrouillée, la place d’AB dans une telle liste paraissant donc plus qu’incertaine et pour le moins problématique. Cet élément doit donc rester clair : HZ sera une liste portée par Batasuna et fermée à toute autre formation abertzale.

Cette alliance eût-elle été possible, que de toute façon l’Assemblée générale a clairement affiché la volonté d’adopter une attitude responsable, à la hauteur de l’enjeu européen, et courageuse au regard du risque politique en Pays Basque. Risque en effet, car le résultat des européennes 2004 avait montré qu’une grande partie du monde abertzale, adhérent(e)s d’AB compris, était séduite par l’idée d’une liste purement abertzale, revendiquant la voix d’Euskal Herria devant l’Europe. Mais l’Europe représente un enjeu bien plus important que la seule occasion de se compter sur une présentation symbolique sans aucune suite politique, en ne s’adressant qu’aux 260.000 habitant(e)s parmi les centaines de milliers qui vont s’exprimer par les urnes.

En 2004, AB avait fait un pari ambitieux, en décidant de faire confiance à Gérard Onesta pour servir de porte-voix et de relais du Pays Basque à Bruxelles, pendant la campagne mais aussi durant les cinq années suivantes. À aucun moment celui-ci n’a failli à cette tâche : accueil des délégués des partis basques (y compris ceux de Batasuna rejetés par les autres parlementaires européens), dénonciation des mesures d’illégalisation ou des mandats d’arrêt européens, soutien au processus de paix et création du « friendship », participation à toutes les dynamiques pour lesquelles il a été sollicité en Iparralde (débat « L’art de la paix », procès contre Laborantza ganbara), etc. Il ne tient qu’à nous de rappeler ce bilan, qui n’a été possible que grâce au difficile pari d’AB pendant la campagne européenne de 2004. Voter un symbole, aussi attractif soit-il, c’est se priver de tout cela. Mais le bilan dépasse les seuls enjeux abertzale. Le bilan d’Onesta couvre tous pans de la politique européenne (économique, lutte contre les OGM,...) et rejaillit aujourd’hui sur José Bové, qui y ajoutera toute la palette de son identité alter-mondialiste. N’oublions pas que la liste Europe-Ecologie n’est pas une liste verte, mais une plateforme de mouvements politiques et sociaux réunis autour d’une charte de principes.

Bové lui-même est connu pour ses luttes notamment dans le domaine agricole, ayant servi de référent à nombre de dynamiques au Pays Basque. Il est porteur au nom de sa liste de nombreux principes de grande importance à nos yeux (réforme de la PAC, recherche d’une Europe plus démocratique, etc.). Il s’est également prononcé de manière très claire sur tous les points qui avaient déjà servi de socle au soutien d’AB en 2004 (autodétermination du Pays Basque, statut de la langue basque, droits des prisonnier(e)s politiques, etc.) et sa puissance de communication nous autorise à imaginer toutes les perspectives ouvertes en termes de diffusion de ces principes au niveau européen.

Aujourd’hui comme hier et pendant encore longtemps malheureusement, le mouvement abertzale d’Iparralde ne pourra pas être présent au niveau européen en son nom propre, noyé qu’il est dans une circonscription électorale énorme. Si l’on veut dépasser le stade de l’incantation, être au cœur des affaires européennes et pouvoir obtenir de l’intérieur les outils nécessaires à élaborer notre position ainsi que les vecteurs pour la porter, il nous faut assumer l’obligation d’une alliance plus large et être capables de peser de tout notre poids pour qu’elle obtienne de bons résultats. Par souci de cohérence, il faut que nous soyons capables de contribuer à faire élire ceux à qui nous demanderons de nous apporter leur soutien par la suite. Sans José Bové, le message de la gauche abertzale d’Iparralde sera absent du Parlement de Bruxelles. Le vote utile abertzale, c’est le vote José Bové.

C’est pour tout cela qu’il est important pour chaque abertzale de contribuer à cette campagne, expliquer ce choix qui est le seul véritablement responsable lorsqu’on est un/une abertzale d’Iparralde, et apporter un peu de son temps d’ici le 7 juin.

Avoir un élu européen est à ce prix.

Secrétariat d’AB

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