Accueil du site »Elections »Européennes 2009 »José Bové pour une directive européenne sur les langues régionales

José Bové pour une directive européenne sur les langues régionales< - Le 19 mai 2009

Le 24 avril dernier, dans le cadre des élections européennes 2009, la tête de liste Europe-Ecologie Sud-Ouest, José Bové a fait escale à l’école occitane Calandreta dels Falabreguièrs de Béziers. La Journaliste de Radio Lengadòc, Stéphanie Raynaud l’a rencontré et interviewé sur la question occitane. Extrait :

Monsieur Bové vous aviez connaissance, conscience des difficultés que rencontrent les Calandretas

Oui bien sur, à Millau on vit la même chose, on a des problèmes identiques avec la Commune. Quel que soit son bord politique d’ailleurs le problème est le même. La mairie de droite ne faisait rien, la mairie actuelle de gauche ne fait rien non plus. On est dans une situation catastrophique. Si ce n’est pas de la responsabilité de l’Etat on est à chaque fois dans une situation qui est du bon vouloir des élus. C’est évident que la revendication qui est posée aujourd’hui par les Calandretas d’avoir une reconnaissance et d’être intégré dans l’éducation nationale serait la solution la plus certaine de résoudre les problèmes de ce type. En même temps, il faut aller plus loin que ça. La reconnaissance des langues sur un territoire me parait fondamentale. La France ce n’est pas seulement une langue mais l’ensemble des langues qui composent son territoire et son histoire. C’est à partir de là qu’il faut que l’identité soit reconnue.

Et vous pensez que c’est au niveau européen que cela peut se régler ?

Je pense qu’au niveau européen il y a déjà eu un texte sur la reconnaissance. Texte qui n’a toujours pas été ratifié par la France. Peut-être qu’on pourrait aller beaucoup plus loin. Pourquoi ne pas faire directive européenne qui s’imposerait aux Etats ? Pour le moment on n’est pas dans ce cadre là. Ca reste un vœu mais ça n’a pas d’obligation de transcription obligatoire. Une directive l’aurait. Ce qui serait intéressant maintenant c’est d’aller plus loin pour rendre obligatoire la retranscription dans le droit national de cette directive pour la reconnaissance des langues. Le paradoxe c’est qu’il y a des Pays dans lesquels ça se fait de façon tout à fait évidente que ça soit en Espagne avec le catalan, avec le basque. Il y a d’autres pays où ça se fait comme le Luxembourg ou l’Irlande. Il y a beaucoup d’Etats en Europe qui reconnaissent le plurilinguisme et ça ne met pas à mal les Pays de reconnaitre plusieurs langues. Au contraire ça enrichit. Ca n’a pas de sens que l’on soit dans cette situation là en France.

Vous êtes Aveyronnais, vous parlez la langue ?

Je ne suis pas Aveyronnais. Je suis un mélange international bizarroïde : ma mère est de Bordeaux et mon père est Luxembourgeois. Je suis come je le dis souvent un immigré de la deuxième génération. Je pense que le Pays c’est celui qu’on choisit et non l’endroit où on est né. Mon Pays c’est le Larzac. C’est le Pays que j’ai choisi de défendre et que j’ai gagné puisqu’on a empêché l’armée de s’y installer

Et sur le Larzac vous avez été en contact avec la langue très souvent j’imagine.

On a été beaucoup au contact avec les militants, surtout dans les années 70 bien évidemment. Les anciens la parlent encore sur le plateau mais c’est vrai qu’il y a beaucoup de gens qu’on a pu installer qui sont des quatre coins de France. Mais au tout début quand on avait crée l’école du Larzac en 73, dés le début il y avait un instituteur d’occitan qui venait à l’école mais après l’éducation nationale n’a pas voulu que l’on connu comme ça. Pour le moment on a une Calandreta à Millau. Moi mon soutien à la Calandreta, et je ne peux pas faire plus, c’est qu’on organise tous les étés sur ma ferme un marché où il y a 10 000 personnes qui passent, Calandreta y tient son stand, fait des pâtisseries, des gâteaux. Ca permet à la fois de montrer la Calandreta et de ramasser de l’argent.

3 Messages de forum

Répondre à cet article