Les militants d’UnserLand en sont fiers : ils sont quatorze à se présenter aux élections cantonales, dont sept candidats et sept suppléantes. Sept mandataires financiers, également membres du mouvement, gèrent les comptes de campagne, ce qui fait 21 personnes impliquées dans ces élections. Ce nombre de candidats régionalistes ou autonomistes alsaciens à une élection cantonale n’avait jamais été atteint depuis 1939. En 1997, l’U.P.A. avait présenté sept candidats à l’élection législative. Cela montre bien la renaissance du mouvement alsacien. Un autre indice ne trompe pas : trois candidats ont entre 30 et 34 ans : Il s’agit de Jean-Georges Trouillet, le président d’Unser Land, ingénieur à Bâle, qui se présente dans le canton de Wintzenheim. Le vice-président pour la Basse-Alsace, Jérôme Goepfert, cadre commercial, se présente à Geispolsheim. Sa suppléante est une jeune technicienne de l’aéroport d’Entzheim. Enfin David Heckel, cadre à Bâle, originaire du Krumme-Elsass, se présente à Sarre-Union. Sa suppléante est une étudiante, dont la mère est conseillère générale de Schiltigheim. Les autres candidats sont François Marx, commercial en retraite, à Altkirch, Daniel Willmé, cadre informaticien à Bâle, ancien président du mouvement, qui se présente à Masevaux. Lucien Baltzer, technicien en retraite, est candidat à Obernai, Eric Schaeffer, policier municipal, à Wissembourg.
Tous les candidats sont parfaitement bilingues français-allemand, voire plurilingues. Ce qui est logique, car ils défendent l’enseignement bilingue. L’Alsace a seulement 7% d’élèves scolarisés en langue régionale, contre 40% en Corse et 50% au Pays Basque. Elle peut donc beaucoup mieux faire, surtout que le monolinguisme français, résultat d’une politique menée par Paris depuis 1945, a aujourd’hui des effets dévastateurs sur l’économie régionale. Les candidats défendent aussi la fusion des trois collectivités alsaciennes. Dans le collimateur : les départementalistes, notamment Charles Buttner et ses partisans, qui sont candidats aux mêmes élections, et freinent des quatre fers le processus d’unification. Or selon les vrais régionalistes, l’Alsace doit absolument parler d’une seule voix si elle veut se faire entendre et continuer à exister face à des pouvoirs parisiens qui ne l’écoutent pas. L’étape suivante sera la revendication d’un parlement et d’un gouvernement régional, comme il en existe dans toutes les démocraties normales en Europe.
La bataille sera rude, mais le renouveau du régionalisme démocratique va contraindre les autres candidats à se positionner sur les questions essentielles pour l’avenir de l’Alsace.
Fränzi Waag

