Accueil du site »Espace presse »Revues des partis membres de R&PS »Lo Cebièr »Lo Cebièr n°119

Lo Cebièr n°119< - Le 7 octobre 2010

QUAND RÉSISTER, BÂTIR ET ESPÉRER SE CONJUGUENT AU QUOTIDIEN…

Régression sans précédent sur les retraites, pillage d’uranium au Niger, prétendues menaces terroristes, chasse au Roms, dérive sécuritaire et raciste, scandale financier et de pouvoirs, rognages fiscaux en tout genre mais qui ne touchent, bien sûr, pas aux plus aisés, centralisation étatique, émiettement et mise en concurrence des territoires, il y a vraiment quelque chose de pourri dans le royaume de Sarkozie. Alors oui nous étions, sommes et serons, bien sûr, dans la rue pour dénoncer tout cela. Pour dire notre dégoût et notre rejet de mesures qui ajoutent la chasse à l’homme à la misère. Pour refuser les diktats du marché qui, au nom d’une présumée compétitivité libérale, réduisent la couverture sociale et éloignent la perspective d’une retraite juste et heureuse. Mais si en tant que politique, d’hommes et de femmes de gauche, d’écologistes, de régionalistes, il est de notre responsabilité de soutenir le mouvement social il nous revient aussi et surtout d’être crédible pour amener l’alternance en 2012. Et là certains silences socialistes ne cessent de nous interroger. A-t-on vraiment compris ce que propose le PS sur la retraite ? Parle t-il réellement de maintenir le droit de partir, y compris à taux plein, dès 60 ans ? Propose t-il de trouver d’autres sources de financement que les seuls revenus du travail ? Veut-il s’engager dans une taxation financière pour soutenir notre modèle social, promouvra- t-il enfin l’émergence d’un modèle social européen ? Mêmes questions sur la réforme territoriale : Alors que Michel Vauzelle s’engage « sabre au clair » dans une tonitruante campagne « touche pas à ma région » avec une adresse grandiloquente aux parlementaires, la main sur le coeur, sur le thème « la république décentralisée » est en danger, est-il entendu de Martine Aubry, ou des autres grands ténors socialistes, muets sur le sujet voire absents du débat. On sent chez ces leaders une grande frilosité, presque une peur. Ils craignent à la fois d’aller trop loin dans l’engagement social et de trop s’exposer hypothéquant ainsi leurs chances de devenir le candidat naturel de l’alternance. Mais attention ! Si l’opinion publique rejette massivement la politique de Nicolas Sarkozy, elle n’adhère pas pour autant à une gauche, encore incarnée par un PS atone qui court le risque, à force de ne pas trop bouger, de ne plus entraîner grand monde avec lui. En fait, ce grand parti de pouvoir, parie, dans un grand effort d’originalité, sur le retour d’une croissance forte pour diminuer le chômage et sauver le modèle social français. Comme si on pouvait prolonger indéfiniment les trente glorieuses d’après guerre. Comme si la crise économique n’était pas aussi une crise sociale, sociétale et écologique. Comme si nous pouvions, sans dégâts majeurs, supporter des taux de croissance de 3% que l’on n’a plus connus depuis plus de 30 ans ! Pourtant, il est plus que temps de changer de logiciel, de penser un modèle de production et de consommation différent, de parler de partage solidaire du travail, d’échanges équitables à l’intérieur de la société comme avec les autres régions d’Europe, de Méditerranée et du monde. Avec Europe Ecologie, nous proposons une vraie alternance fondée sur des choix qui se construisent au quotidien, sur une agriculture de proximité raisonnée et responsable, sur des entreprises citoyennes, sur des services publics et privés également présents et répartis au coeur des territoires, sur une économie sociale et solidaire. La relocalisation de l’économie passera par une conversion écologique profonde fondée sur des activités et des savoirs faire durables, c’est-à-dire soutenables et solidaires, sur le rapprochement des lieux de production et de vie, sur des logements dignes pour tous. Elle s’appuiera sur le fait culturel devenu vecteur majeur d’un développement différent. Elle favorisera la reconquête de régies publiques notamment dans le domaine de l’eau et de l’énergie. Nous en avons assez de poursuivre des chimères croissantistes ou de nous engager dans des paris « ITERiens » autant risqués que coûteux. Nous en avons assez de cette société qui part en capilotade, de la montée des insécurités comme du tout sécuritaire, nous avons d’autres solutions et aurons avec Eva JOLY une candidate pour dire tout cela en 2012.

Hervé GUERRERA Conseiller régional Europe Ecologie / Les Verts / Partit Occitan

Répondre à cet article