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N°123< - Le 25 juillet 2011

Editorial

Indigne ou indignée ?

On dit bien que la Grèce et l’Europe sont liées par leur histoire et leur civilisation.On dit aussi que la situation économique des pays qui viennent d’entrer dans l’Europe des vint-sept (demain vingt-huit avec la Serbie...)se déroule selon un scénario on ne peut plus catastrophique ...L’Europe qui n’est pas philanthrope demande à la Grèce (après le Portugal, l’Irlande, la Lituanie...) de se serrer la ceinture. Les petites gens se révoltent, les indignés barrent l’accès au parlement grec et manifestent, les rues deviennent des lieux de contestation citoyenne importante. Après une aide de l’Europe, un apport nouveau est prévu. A qui le tour ?

Je crois que nous atteignons le plus bas niveau d’une Europe libérale dont la finance est en train de prendre définitivement la direction...politique. Les banques nationales qui ont investi dans la dette des pays en difficulté ne sont que les parties les plus visibles de la libéralisation sauvage d’une économie mondialisée. Même la "régulation",crise après crise,dont on nous parle depuis les années cinquante, est passée du public au privé. A présent pour les économistes les plus critiques, il semble que les banques seront obligées de revenir à un contrôle national. La réponse en question est aussi le retour à la centralisation étatique des capitaux pour les pays riches et du Sud moins ouverts aux phénomènes de circulation financières. Il est difficile d’estimer ces rapports macroéconomiques et leurs conséquences pour les régions d’Europe soumises aux mouvements d’un marché déréglé jusqu’à présent.

Et pour nous ? L’inter-régionalité n’en est qu’à ses débuts pour une Europe intergouvernementale bourrée de rétro-nationalismes. Certes, la réponse aux crises à répétitions n’est pas que régionale ; mais les régions qui trouvent des moyens propres de développement résistent plus facilement.En ce moment, le retour à des régulations plus nationales nous éloigne d’une Europe des régions dont la banque fédérale répond toujours aux situations de crise dans l’urgence et sous la pression des Etats.Et le FMI de DSK, le keynésien,deviendra-t-il demain encore plus libéral ? Pour le moment,l’Europe des Etats semble faire obstacle à toute perspective citoyenne. Or, c’est ici que se trouve une réponse forte : la liberté des peuples ne dépend pas d’experts financiers mais se fera aussi dans des initiatives sociales dont ils prendront l’initiative.Alors, cette viei dame Europe, sera-t-elle indigne ou indignée ? Si le dénouement n’est pas encore terminé, il y a des mots qui, des fois,valent leur pesant d’or...

Gérard Tautil

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