Christian Guyonvarc’h, vice-président du Conseil régional de Bretagne, chargé des affaires européennes et internationales, a participé au « Governor’s global climate summit 2 » (2ème sommet mondial des leaders régionaux sur le climat) à Los Angeles, du 30 septembre au 2 octobre, à l’invitation du gouverneur de Californie, Arnold Schwarzenegger, et de six autres gouverneurs d’Etats américains. Il y représentait officiellement Jean-Yves Le Drian, président du Conseil régional de Bretagne, qui rencontrera le gouverneur de Californie le 15 décembre à Copenhague à l’occasion de la Conférence intergouvernementale sur le climat qui devrait clôturer la négociation du post-Kyoto (engagements des Etats pour l’après 2012). Il a transmis au gouverneur de Californie un message personnel du président de la Région Bretagne dans lequel ce dernier invite son homologue américain à joindre leurs efforts pour une reconnaissance internationale du rôle des régions dans la lutte contre le changement climatique et ses conséquences.
Christian Guyonvarc’h représentait également le Réseau international des gouvernements régionaux pour le développement durable (NRG4SD), dont il est le vice-président délégué pour l’Europe, au côté de la présidente du réseau, la ministre galloise du développement durable Jane Davidson.
Après le premier Sommet mondial des Régions sur le changement climatique, que la Bretagne avait organisé pour le compte de NRG4SD les 28 et 29 octobre 2008 à Saint-Malo, la réunion de Los Angeles a confirmé l’engagement des gouvernements subnationaux (Etats fédérés, provinces, régions) pour la réduction des émissions de gaz à effet de serre et l’adaptation des territoires aux conséquences déjà inévitables du réchauffement global. De nombreuses politiques concrètes ont été engagées à leur niveau : protection des écosystèmes, production d’énergie renouvelable, efficacité énergétique dans les bâtiments, extension et conversion aux énergies propres des réseaux de transport collectif, modification des cultures agricoles, éducation et sensibilisation du public.
Cet effort est désormais officiellement reconnu par les Nations Unies. Au sommet de Saint-Malo le PNUD avait rendu public le premier programme onusien dédié au niveau régional, le programme TACC (« territorial approach of climate change »), qui vise à soutenir les transferts de compétences et de technologies vertes entre régions du Nord et du Sud. Ce programme inédit s’appuie sur le centre expert ClimSat récemment créé à Brest. A la suite de cette initiative, en décembre 2008 à Poznan le secrétaire exécutif de la Convention-cadre des Nations Unies sur le changement climatique (UNFCCC), Yvo de Boer, avait déclaré que « 50 à 80% des actions concrètes de réduction des émissions de gaz à effet de serre et quasiment 100% des actions d’adaptation sont conduites au niveau infranational ».
A Los Angeles un pas supplémentaire vient d’être franchi vers la reconnaissance du rôle des régions dans ce dossier crucial pour l’avenir de l’humanité puisque Olav Kjorven, assistant du secrétaire général des Nations Unies et directeur de la politique de développement du PNUD, y a révélé que Ban Ki-Moon défendrait le principe de cette reconnaissance à Copenhague, dans un souci d’efficacité des politiques publiques. Olav Kjorven a salué le rôle précurseur des Etats de l’Union africaine qui, représentés à Los Angeles par le ministre algérien Cherif Rahmani, ont décidé de soutenir la reconnaissance du rôle des régions à Copenhague. « Le 21ème siècle sera le siècle de la proximité dans l’action publique, ce sera donc le siècle des régions et des villes » a déclaré le ministre algérien.
A Los Angeles Christian Guyonvarc’h s’est également entretenu avec le Premier ministre du Québec, Jean Charest. Ce dernier lui a confirmé les propos que la presse québécoise (« Le Devoir » de Montréal) avait prêtés au Premier ministre français au lendemain d’une rencontre officielle entre les deux hommes à Matignon le 1er juillet dernier, à savoir que François Fillon s’était engagé à soutenir le principe de la reconnaissance du rôle des régions dans la lutte contre le dérèglement climatique et à demander à l’Union européenne d’en faire autant. « Il m’a tenu ces propos d’une façon très spontanée » a déclaré Jean Charest. La Région Bretagne en son nom propre et l’ARF (Association des régions françaises) étant intervenues en ce sens depuis plusieurs mois auprès du gouvernement français, elles attendent que la position exprimée en privé auprès du Premier ministre du Québec soit une position publique clairement défendue.

