L’Observatoire régional de santé de Bretagne vient de publier un rapport sur des indicateurs de santé en Bretagne, permettant des comparaisons avec la moyenne française, entre pays de Bretagne et dans le temps.
Si on peut regretter l’absence de données concernant la Loire-Atlantique, ce qui réduit la portée de l’analyse, en particulier sur le pays de Redon, cette synthèse est riche d’enseignements. La Bretagne y apparaît comme une région de surmortalité par rapport à la France, tant chez les hommes que chez les femmes, avec une forte particularité de mortalité prématurée évitable, liée aux comportements à risques (alcool, drogues, suicides…). On y relève aussi de forts contrastes entre la couronne de Rennes et le reste de la région. On constate également que dans de nombreuses zones, la présence d’hôpitaux et de libéraux de santé ne suffit pas à obtenir de bons résultats.
Par ailleurs, ce qui frappe, c’est la corrélation forte dans plusieurs pays bretons entre situation de santé préoccupante et faiblesse des revenus par habitant. Les pays où la mortalité évitable est particulièrement élevée sont ceux où l’on trouve le plus de ménages non-imposés ou aidés par les minima sociaux. On note également que les zones de concentrations de certaines professions, en particulier celles de l’agriculture et de la pêche révèlent un état de santé dégradé. Ces informations montrent la nécessité de renforcer l’action de la médecine du travail vers les métiers et les filières qui en ont le plus besoin. Enfin, certains éléments de l’étude de l’ORSB permettent de supposer que l’effet de la crise sur la santé est particulièrement fort à une échelle non étudiée, celles des grands quartiers HLM et étudiants de Rennes, Brest, Lorient et Vannes. Nous souhaitons qu’une étude complémentaire soit réalisée sur ces quartiers très densément peuplés où l’offre de soins est peu visible.
L’UDB constate donc que la santé, si elle dépend de la qualité de l’offre de soins, dépend autant de facteurs économiques, sociaux ou culturels. Les effets de la crise ont des répercussions sur la santé des bretons. La santé est liée à la qualité de la vie collective et à une multitude de déterminants : alimentation de qualité et variée, qualité de l’environnement (air, eau…) estime de soi, insertion sociale, activité physique… De manière générale, nous appelons les autorités responsables de la santé en Bretagne à compléter la logique curative par une véritable politique publique de prévention et de promotion de la santé. C’est par la prévention, qui ne représente que 3% des dépenses de santé seulement, que nous pourrons faire reculer les maladies dites de civilisation, liées à des pratiques (alimentation, tabac), des facteurs environnementaux (pollution urbaine, ventes de produits nocifs) ou des conditions de travail (amiante, pesticides…).
Pour l’Union démocratique bretonne, La porte-parole Mona Bras

