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Trébrivan : inauguration d’un temple de la reproduction animale industrielle ou acte de décès de l’agriculture paysanne ?< - Le 11 janvier 2011

Trébrivan : inauguration d’un temple de la reproduction animale industrielle ou acte de décès de l’agriculture paysanne ?

Ce vendredi 14 janvier le maire de Trébrivan et son équipe municipale, accompagné du Président de la SCA de Ker-Ana, lui-même maire de sa commune inaugureront la maternité porcine industrielle de Trébrivan.

A l’heure où la FNSEA vient d’élire un nouveau président, Xavier Beulin qui est par ailleurs président de Sofiprotéol, il est intéressant de regarder de plus près les liens organiques entre ce projet de Trébrivan et Sofiprotéol qui apparaît dans le montage financier de ce projet.

Sofiprotéol est l’établissement financier de la filière des huiles et protéines végétales dont les trois principaux débouchés sont l’alimentation des animaux de l’industrie agricole hors sol, les agro-carburants et les huiles alimentaires. Depuis janvier 2010, Lesieur est à 100% propriété de Sofiprotéol et il faut rappeler le scandale Lesieur de 2008 : 40.000 tonnes d’huile de tournesol ukrainienne empoisonnées à l’huile de moteur utilisées dans des produits élaborés de la gamme Lesieur. Si la Grèce avait immédiatement interdit à la vente tous les lots, au nom du principe de précaution et du respect de la santé humaine ; en France par contre, les autorités sanitaires se voulaient rassurantes, comme pour les nuages radioactifs de Tchernobyl ! Et aucune mesure n’avait été prise. Ceci en dit long sur l’éthique de l’entreprise Lesieur et sur celle de Sofiprotéol.... Cela pose la question de la fiabilité sanitaire du système hors sol : en Allemagne, l’actuel scandale des graisses alimentaires animales empoisonnées à la dioxine par un mélange avec des graisses destinées aux machines industrielles, la fermeture de presque 5000 élevages principalement porcins par mesure de précaution, montrent la fragilité d’un système économique dans lequel éthique et transparence disparaissent derrière les contraintes et les objectifs financiers.

Sofiprotéol soutient financièrement le projet de maternité porcine de Trébrivan car derrière ce projet, c’est le modèle agricole de Xavier Beulin et de la FNSEA qui est à l’honneur : « une agriculture moderne, vivante et conquérante face à l’ouverture des marchés internationaux ! ». C’est le modèle de l’élevage concentrationnaire hors sol, premier débouché des protéines végétales pour une alimentation industrielle standardisée destinée à la grande distribution.... Et à la conquête du monde ! C’est aussi le modèle prôné par l’Etat. Le Préfet de Région Cadot ne déclarait -il pas en effet lors de son intervention devant les élus du Conseil régional de Bretagne , le 17 décembre 2010 : « l’agriculture bretonne doit être compétitive ! Il va falloir faire du volume, du volume, du volume ! » Au credo productiviste nous opposons ce lui de la qualité et de la valeur ajoutée. Car les dégâts humains, sociaux, économiques, environnementaux du modèle agricole et agroalimentaire dominants ne sont plus à démontrer. En 2009, en France, 800 agriculteurs se sont suicidés, combien en 2010 ?

Quand entendra-t-on : l’agriculture bretonne doit-être exemplaire : de la qualité, de la qualité, de la qualité ! C’est cet autre orientation qui permettra le soutien aux nombreux projets agricoles différents d’aboutir avec le soutien des pouvoirs publics. En 2010, les revenus moyens des agriculteurs ont baissés de 46% ! Sur les 37.000 agriculteurs bretons, 30% sont aujourd’hui en grande ou très grande difficulté économique : la profession est sinistrée et la seule issue que les responsables syndicaux et économiques, voire politiques, proposent, est la fuite en avant. Une fois passée la vague de faillites inévitables, restructuration et concentration favorisées vont aider les céréaliers à vendre leurs aliments pour le bétail hors sol alors que tout le monde sait la trop faible valeur ajoutée produite par les volumes destinés au marché international, que tout le monde sait que la reconquête de marges bénéficiaires passe par la réduction des cheptels, réduction des cheptels tout aussi nécessaire au respect des textes cadres européens sur l’eau.

Pour l’UDB, il est urgent d’aider les agriculteurs à se reconvertir à d’autres modèles viables économiquement. Jean Salmon lui-même, ancien président de la Chambre régionale d’agriculture, le reconnaissait en 2010 : « Nous avons trop longtemps imposé un modèle agricole unique à des écosystèmes différents, il devient urgent d’adapter différents modèles agricoles aux différents écosystèmes »....

Pour l’UDB, le territoire du Centre-Bretagne et ses habitants sont en grande souffrance, voir les résultats de l’enquête de l’Observatoire régional de santé de Bretagne : la résilience collective passe par la nécessaire réconciliation des agriculteurs avec leur mission nourricière, leur environnement et la société. Une conversion radicale , soutenue financièrement et pérennisée par la commande publique , est possible pour sauver les 37.000 agriculteurs qui restent en région Bretagne et pour développer ce secteur économique qui tente encore des jeunes candidats à l’installation pour une agriculture différente et d’avenir.

La qualité de vie, la justice sociale et la santé des agriculteurs passent par un changement de pratiques et par une autonomie des exploitants vis à vis des grands groupes financiers et industriels. Par nos propositions de changements, c’est pour le monde agricole breton que nous nous battons.

L’UDB appelle à venir nombreux soutenir les habitants et l’association opposés à cette maternité porcine industrielle le vendredi 14 janvier à Trébrivan à 10h30.

Pour l’Union démocratique bretonne, La porte-parole Mona Bras

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