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Zubiak n°46< - Le 13 décembre 2011

Le Pays-Basque, une Nation en plein mouvement

Par le Professeur Cesar ARRONDO, Université nationale de la Plata, Argentine

Aujourd’hui on est devant des conditions exceptionnelles pour arriver à cristalliser les objectifs souverainistes pour lesquels se sont battus des milliers et des milliers de Basques durant des siècles. Le résultat des élections du 20 novembre dernier en sud Pays Basque sont une démonstration de plus du changement de cycle politique qui se vit en Pays basque, celui là même qui débuta avec l’illégalisation d’Ezker abertzalea ( gauche abertzale), lorsque se développèrent les assemblées locales auxquelles participèrent ses adhérents en long et en large du Pays Basque et qui donnèrent comme résultat que des milliers de ses militants décidèrent pour le futur de parier pour des voies politiques, pacifiques et démocratiques pour ainsi parvenir à résoudre définitivement le conflit politique basque.

A cette détermination il faut ajouter l’ardeur à “ faire le pays ” des militants et dirigeants d’Eusko Alkartasuna qui, déjà en 2009, proposaient « bien seuls ! » la création d’un « Pôle souverainiste » dont l’objet était d’accumuler les forces abertzale et entamer un chemin dans la direction évoquée. Et ce pour parvenir à une solution définitive du conflit basque. Au delà des maigres résultats électoraux obtenus en 2009, militants et dirigeants d’EA poursuivirent sur cet axe de travail et avec la main tendue aux autres forces abertzale pour parvenir à l’objectif proposé. D’autres mouvements furent effectués par l’organisation armée ETA dans la même direction, en commençant par l’annonce d’une trêve, en continuant avec l’acceptation d’un changement de cycle politique et en conséquence, des mêmes voies pacifiques et démocratiques pour pouvoir avancer vers une solution dialoguée du conflit basque.

Dans ce sens, toute cette évolution d’ETA peut compter sur l’appui permanent d’une Commission Internationale, celle là qui mit à la disposition des parties en lice dans le conflit sa vocation médiatrice, en offrant même de gérer la dissolution et la remise définitive des armes de ETA. La société basque prit bonne note de ce changement et de la réelle possibilité de vivre en paix, comme aussi de pouvoir participer à cette décision dont elle est partie prenante comme citoyens et citoyennes d’une nation, comme à être les acteurs de leur avenir. Avec cela, les dirigeants politiques abertzale commencèrent à confectionner « les outils » qui pouvaient permettre d’avancer dans une direction correct et, au delà de l’illégalisation de Sortu, Eusko Alkartasuna, Alternatiba et les abertzale indépendants prirent en main le témoin et constituèrent une plate-forme politique en vue des élections du mois d’avril 2011 qu’ils appelèrent Bildu. La société basque accompagna de son vote ce mouvement en lui accordant un vrai triomphe dans la majorité des communes du sud /Pays basque, à la Diputation de Gipuzkoa et dans la ville emblématique de Donostia. La crise économique profonde eut comme conséquence l’anticipation des élections législatives dans l’état espagnol pour le 20 novembre 2011 et à cette occasion il se produisit un autre mouvement important en rapport avec l’accumulation des forces souverainistes basques avec l’incorporation d’Aralar. Et ce à tel point qu’un nouvel espoir se fit jour qui s’appelait Amaiur rassemblant 333.000 adhésions aux élections du 20 novembre. La feuille de route de l’abertzalisme souverainiste est par ailleurs claire et il faudra continuer le chemin déjà tracé. De plus les sept élus ( députés aux Cortes de Madrid) d’amaiur qui auront leur propre expression à Madrid ont tendu généreusement la main au PNV et à Geroa Bai aux fins de dialoguer, accorder les politiques et unir les forces pour défendre aux Cortes de Madrid les intérêts, les droits politiques, « d’identité » et économiques d’Euskal Herria.

Le peuple basque est en train de vivre un énorme espoir qui ira en se concrétisant avec la participation et la mobilisation permanente de ses citoyens et citoyennes. De ce fait il convient de continuer à construire des ponts vers les autres forces politiques basques, de même qu’il est absolument nécessaire de compter avec l’appui de tous les secteurs syndicaux, sociaux et culturels d’Euskal Herria, la Diaspora basque et la Communauté Internationale pour continuer à pousser à ce que les partis politiques des états espagnol et français prennent conscience et parviennent à initier un dialogue sans exclusives, en se mettant d’accord sur la manière d’apporter une solution au conflit politique basque. Mais il ne faut pas laisser de côté un thème par ailleurs urgent comme l’est cette dispersion des prisonniers basques, leur situation sanitaire comme aussi la révision des condamnations démesurées qui leur sont appliquées dans de nombreux cas. Le Pays basque est une nation qui plonge ses racines dans la préhistoire de l’Europe et qui a survécu et qui survivra uniquement par la persistance et la lutte de son peuple.

Il est de notre devoir en ce sens de témoigner dans tous les secteurs possibles des droits qui reviennent à la nation basque et d’être conséquents avec nos ancêtres et antécédents dont beaucoup donnèrent leur vie pour la liberté de leur pays. La tâche ne sera pas facile et il faudra surmonter d’innombrables obstacles mais lorsque nous nous trouverons face à l’adversité ou au désenchantement, nous nous devons en bons Basques, nous surpasser rapidement et continuer la tâche en étant toujours convaincus qu’Euskal herria est une nation qui a droit à l’autodétermination et que notre pays est si petit qu’il paraît impossible que nous ne puissions lui faire une place dans nos coeurs.

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