08/06/06 - Sans papiers ...et sans origines
Le Ministre de l’Intérieur a présenté
le 6 juin au Sénat son projet de loi sur l’immigration.
A cette occasion, Nicolas Sarkozy a annoncé des régularisations
« au cas par cas » des familles de sans papiers dont les
enfants sont scolarisés en France. Parmi les trois critères
de régularisation figure celui pour les enfants de «
ne plus parler la langue de leur pays d’origine ».
La fédération Régions &
Peuples Solidaires est outrée par cette condition d’abandon
de sa langue maternelle qui confirme la politique de destruction des
langues régionales et minoritaires menée par le gouvernement
au plus grand mépris des conventions européennes et
internationales.
Si l’obligation de parler le français
est légitime, celle de ne plus maîtriser la langue du
pays d’origine n’a aucune justification crédible
et cache une volonté d’uniformisation et de déculturation
forcée.
Sur le plan culturel, les linguistes ont unanimement
démontré que les enfants maîtrisent mieux le français
s’ils ont plaisir à parler leur langue maternelle qu’elle
soit berbère, occitane, alsacienne ou espagnole. Loin d’être
un handicap, le multilinguisme procure à l’enfant des
facilités pour l’apprentissage de langues nouvelles,
atout considérable pour une génération amenée
à développer les déplacements et les contacts
internationaux.
Au niveau social, il est indéniable qu’une
intégration réussie passe par le respect du multiculturalisme.
Régions & Peuples Solidaires condamne fermement «
l’assimilation à la française » qui passe
par une éradication de la langue maternelle et par une amnésie
forcée de la culture et de l’ histoire des minorités
qu’elles soient issues de l’immigration ( africains, asiatiques..)
ou présentes sur l’Hexagone ( bretons, catalans, basques…).
R&PS appelle une nouvelle fois le gouvernement
à ratifier la Charte européenne des langues régionales
et minoritaires et à respecter les droits culturels qui sont
partie intégrante des droits de l’homme. La liberté
de préserver sa culture, l’égalité des
langues et la fraternité entre les communautés sont
des préceptes qui permettraient à la France d’assumer
son statut de « Patrie des Droits de l’Homme » et
d’assurer l’unité dans le respect des diversités.
Philippe Sour, chargé de communication R&PS