19/06/07 - Elections législatives
: le vernis démocratique
Le second tour des législatives a donné
la majorité absolue à l’UMP tandis que le PS a
amélioré son score en remportant une cinquantaine de
sièges supplémentaires. Partenaire politique des Verts,
la fédération « Régions et peuples solidaires
» se réjouit de l’élection des 4 députés
écologistes et salue la victoire du député indépendantiste
martiniquais Alfred Marie-Jeanne.
Néanmoins, « Régions et peuples
solidaires » dénonce une nouvelle fois le caractère
peu démocratique des élections législatives en
France causé par le mode de scrutin et l’accès
au financement public.
En France les députés sont élus au scrutin majoritaire
à deux tours. A l’exception des législatives du
16 mars 1986, la France a toujours refusé d’appliquer
l’élection à la représentation proportionnelle
qui est pourtant plus juste car elle permet de représenter
fidèlement les votes exprimés par les citoyens. La proportionnelle
est d’ailleurs un mode de scrutin répandu en Europe :
Belgique, Pays-Bas, Finlande…Son application en France aurait
permis aux Verts et aux Régionalistes d’obtenir plus
de députés conformément aux choix des électeurs.
A cette injustice s’ajoute une réforme
de l’accès au financement public qui pénalise
directement les « petits » partis. Jusqu’en 2003,
pour obtenir une aide financière publique, un parti politique
devait présenter au moins cinquante candidats aux élections
législatives. Depuis l’ordonnance du 8 décembre
2003, le parti n’a droit à cette aide que si «
il présente 50 candidats ayant obtenu chacun au moins 1% des
suffrages exprimés dans au moins cinquante circonscriptions
». De nombreux partis se retrouvent donc exclus des financement
publics nécessaires à leur existence ou contraints de
se fondre dans des organisations plus conséquentes.
A moyen terme , ce système aura donc pour
conséquence la disparition des « petits » partis
et l’instauration d’un bipartisme à l’américaine.
« Régions et peuples solidaires » appelle donc
les députés à agir en faveur de la proportionnelle
aux élections législatives et à reconsidérer
les conditions de financement des partis politiques. « Régions
et peuples solidaires » rappelle au Président que pour
être « irréprochable » , la République
se doit avant tout d’être réellement « démocratique
».
Philippe Sour, chargé de communication R&PS