20/10/04 - Monsieur le Président
de la République,
Le 7 octobre 2004 vous avez déclaré
à Hanoï : « Méfions-nous d’une culture
qui a tendance à effacer les autres. Parler tous la même
langue, c’est rétrécir la pensée. ».
La fédération « Régions et Peuples Solidaires
» tient à souligner la totale contradiction existant
entre vos propos et la politique d’uniformisation culturelle
toujours poursuivie à l’heure actuelle sur le territoire
français.
Vous n’êtes pas sans savoir qu’à
l’inverse du français, les langues minorisées
présentes en métropole comme dans les départements
et territoires d’outre-mer ne disposent pas de la reconnaissance
institutionnelle officielle nécessaire à leur survie.
La France est ainsi le dernier pays d’Europe à refuser
à ses composantes les droits culturels élémentaires
reconnus dans les conventions internationales.
Des quarante-six Etats adhérant au Conseil
de l’Europe, seules la France et la Turquie ont refusé
de ratifier aussi bien la Charte européenne des langues régionales
ou minoritaires que la Convention-cadre pour la protection des minorités
nationales.
La ratification de ces s et la modification
de l’article deux de la constitution en vue de la reconnaissance
officielle des langues minorisées permettraient à la
France de participer de façon active à la construction
d’une Europe fondée sur les principes de la diversité
culturelle et de la démocratie.
Fidèle à son combat pour le respect
de la pluralité linguistique et culturelle, ici comme sur l’ensemble
de la planète, la fédération « Régions
et Peuples Solidaires » reste attentive à toute démarche
qui viendrait concrétiser sur le territoire de la République
Française les initiatives que vous prenez et les propos que
vous tenez lors de vos déplacements à l’étranger.
Dans l’attente d’un engagement de votre
part, veuillez agréer, Monsieur Le Président de la République,
nos sincères salutations.