24/08/05
- Pour un règlement politique de la question corse
L’annonce par l’IRA de l’arrêt
de la lutte armée en Irlande du Nord a fait la « une
» de la presse dans toute l’Europe, ainsi qu’en
Afrique du Sud et aux États-Unis qui se sont impliqués
dans le règlement négocié de la question irlandaise.
Il y a 7 ans, les « accords du Vendredi Saint
» avaient ouvert la voie au « processus de paix »
dans ce terrible conflit qui durait depuis 35 ans et a fait des centaines
de victimes. Le cheminement a été long et encombré
d’obstacles, mais la volonté politique était affichée
de la part de tous les protagonistes pour qu’il parvienne à
cet aboutissement. L’IRA souligne en particulier que cette décision
a été prise « après un débat interne
sans précédent ».
La Fédération Régions &
Peuples Solidaires se réjouit de cette issue. Comme elle se
réjouit et reste attentive aux différentes tentatives
de processus de paix entamés en Euskadi, et aux négociations
qui s’engagent avec le nouveau gouvernement espagnol.
Au sein de l’État français, un
conflit de plus de 30 ans (Août 1975 : Aleria) reste sans solution
malgré là aussi de très nombreuses victimes et
des milliers d’années de prison prononcées par
des tribunaux d’exception.Ainsi, la Corse persiste comme le
seul conflit en Europe que le gouvernement central, Paris, se refuse
de reconnaître et de traiter autrement que par la voie répressive
et le blocage politique.
Pourtant, en Corse aussi, une issue du conflit par
un règlement politique négocié demeure un espoir
fondamental auquel les nationalistes corses sont attachés depuis
des années, et particulièrement le Partitu di a Nazione
Corsa, membre de la Fédération R&PS et de l’Alliance
Libre Européenne.
R&PS reste persuadée que les nationalistes
corses aussi sont prêts à « un débat interne
sans précédent » pour peu que les conditions d’un
apaisement soient créées.
Pour R&PS, l’État français doit prendre toute
la mesure de ce qui s’est passé en Irlande du Nord, et
avoir le courage et la volonté politique d’ouvrir enfin
le dialogue en Corse, sans tabou et sans faux fuyants.
Partout en Europe, les régions font la force
économique de celle-ci, car partout en Europe, de larges compétences
législatives leur sont octroyées. La paix, le développement
économique, le bien être social et la reconnaissance
des identités passent par des institutions fortes au niveau
régional.
C’est le cas en Espagne. C’est aussi
le cas au Royaume Uni où le Pays de Galles, l’Écosse
et plus particulièrement l’Irlande bénéficient
de statuts d’autonomie avancés.
R&PS croit en la force de la démocratie et du dialogue
et demande à l’État français d’y
croire aussi en renonçant à sa politique répressive
en Corse et en créant les conditions indispensables de l’apaisement
et de l’ouverture du dialogue.
Congrès de Régions & Peuples Solidaires