26/01/05 - Les langues aussi naissent
libres et égales en droits
Monsieur le Député, Monsieur le Sénateur,
L’adoption du traité constitutionnel
européen impose une révision prochaine de la constitution
française par les députés et sénateurs
réunis en Congrès.
Vous n’êtes pas sans savoir qu’à l’inverse
du français, les langues minorisées présentes
en métropole comme dans les départements et territoires
d’outre-mer ne disposent pas de la reconnaissance institutionnelle
officielle nécessaire à leur survie. La France est ainsi
le dernier pays d’Europe à refuser à ses composantes
les droits culturels élémentaires reconnus dans les
conventions internationales qu’elle a elle-même signées.
L’article 2 de la constitution française est pour partie
responsable de cet état de fait car il stipule que le français
est la langue unique de la République. La fédération
« Régions et Peuples Solidaires » vous invite donc
à profiter de la révision constitutionnelle pour modifier
l’article 2 comme suit : « La langue officielle de la
République est le français dans le respect des langues
régionales et minoritaires ».
L’ajout de ces quatre mots sonnerait le glas d’une politique
hégémonique d’uniformisation culturelle responsable
de l’agonie actuelle des langues dites « régionales
». Est-il besoin de rappeler que des quarante-six Etats adhérant
au Conseil de l’Europe seules la France, la Grèce et
la Turquie ont refusé de ratifier la Charte européenne
des langues régionales ou minoritaires ?
La défense de la diversité culturelle est un impératif
éthique inséparable du respect de la dignité
humaine. Partie intégrante des droits de l’homme, les
droits culturels se doivent d’être respectés et
protégés par la France afin que les idéaux d’humanité
ne soient pas de simples slogans inscrits aux frontons de ses monuments.
La liberté de préserver sa culture, l’égalité
des langues et la fraternité entre les individus et les communautés
sont des préceptes qui permettraient à la France d’assumer
son statut de « patrie des Droits de l’Homme » et
d’assurer l’unité dans le respect des diversités.
Inscrire la France au cœur d’une Europe fondée sur
les principes de la diversité culturelle et de la démocratie
relève du devoir de tout élu du peuple. A ce titre,
la fédération « Régions et Peuples Solidaires
» compte sur votre détermination à déposer
une motion afin de modifier l’article 2 dans un sens favorable
aux langues de France.
Dans l’attente d’une réponse et
d’une action de votre part, veuillez agréer, Monsieur
le Député, Monsieur le Sénateur, nos respectueuses
salutations.