Interview de Philippe Sour, chargé
de mission R&PS
1- Philippe Sour, vous développez
une nouvelle profession...
L'intitulé exact de cette nouvelle profession
est "attaché parlementaire-interface".Concrètement,
j'assume l'interface, le lien entre la fédération "Régions
et Peuples Solidaires" et les Verts au Parlement Européen
.
2- Quel est le parcours qui vous a guidé
jusqu'à ce poste ?
Mes études et mes convictions sont à
la source de cet engagement. A 17 ans, je suis "monté"
sur Toulouse pour faire mes études à science-po : c'est
là que j'ai pris conscience de mon identité occitane
et de la politique de génocide culturel mené par l'Etat
français à l'encontre des peuples présents sur
l'Hexagone.Dès lors,j'ai consacré l'ensemble de mes
mémoires à l'étude des minorités nationales
en France. Les écrits étaient mon seul moyen de militance
jusqu'à ma rencontre avec Jacky Phalippou qui m' a fait rentrer
au Partit Occitan et participer aux élections.Le travail politique
et la militance sur le terrain occupaient l'essentiel de mon temps
et m'ont directement amené à ce poste captivant.
3- Où travaillez-vous, quel est votre
cadre d'activité ?
Mon bureau est situé à Toulouse pour
trois raisons majeures.Tout d'abord, La ville rose est au coeur de
l'Occitanie et proche du Pays Basque, de l'Aragon et de la Catalogne.
Ensuite,Gérard Onesta, député européen
Verts-RPS, descend régulièrement sur Toulouse ce qui
nous permet de nous rencontrer facilement. Enfin, les partis membres
de RPS condamnant unanimement le centralisme parisien et l'exode forcé
qu'il entraîne, il semble logique que leur chargé de
mission puisse vivre et travailler au pays ! J'effectue les liaisons
entre Toulouse, Paris, Bruxelles et les autres villes en train. C'est
pratique pour travailler et c'est écologique.
4- Quel est votre rapport avec les Verts,
quel contrat vous lie ?
Suite aux élections européennes, les
Verts ont créé une association, "Sinople",
qui regroupe quatre attachés, chacun chargés de mission
dans un domaine spécifique: environnement, société,communication
et pour ma part "questions régionales".Cette association
est liée au parlement européen et autonome par rapport
à la direction politique des Verts.
Je fais également
le lien entre RPS et les Verts :
> Transmettre et défendre nos revendications ; suivre les
avancées politiques, juridiques et institutionnelles au parlement
européen ; communiquer ces informations aux membres de RPS.
> Répondre aux interrogations relatives à la problématique
des minorités nationales,aux mouvements politiques nationalistes,
à la coopération inter-régionale transfrontalière.
> Favoriser la communication entre les deux organisations.
5- Relations Questions prioritaires aux
parlementairesVerts-PPDE
Les questions prioritaires à adresser aux
parlementaires Verts-PPDE concernent :
> Le non-respect des minorités nationales et le génocide
culturel mené à l'heure actuelle par l'Etat Français.
> La non-ratification de conventions et chartes européennes
par la France.
> Les problèmes du foncier.
> L'archaïsme et le décalage du centralisme français
au sein de pays européens majoritairement fédéralistes.
> L' avenir de l'Europe des régions.
> L'officialisation et l'utilisation dans les instances européennes
des langues minorisées non-officialisées
> La coopération inter-régionale transfrontalière
(Euro-région Midi-Pyrénées/Languedoc/Catalogne/Aragon)
et les moyens de communication.
- Les avancées concernant la gestion directe des fonds européens
par les régions.
- La non-reconnaissance des nations sans Etats et de leur droit à
l'auto-détermination dans la constitution européenne.
En fait dans cette Europe en construction, quelles possibilités
avons nous pour travailler et décider au pays en developpant
notre langue et notre culture ?
6- Renforcement de la structure RPS - Régions
et Peuples Solidaires
Mes fonctions permettent d'assurer une communication
plus efficace de RPS en direction de la société civile,
des médias et des partis membres de la fédération.
Les échanges d'informations entre les membres de RPS, les actions
communes,les relations avec les autres peuples sans Etat et la communication
avec d'autres instances politiques et acteurs de la société
civile nécessitent en effet un poste permanent
7- Revendications Occitanes auprès
des institutions européennes
Gustave Alirol porte dèja de façon
active et depuis plusieurs années la parole occitane auprès
des institutions européennes. Ceci-dit, deux voix valent mieux
qu'une...subretot quand son occitanas. Je ferai tout mon possible
pour que les revendications occitanes et celles des autres peuples
de l'hexagone trouvent un écho favorable à Bruxelles
et qu'elles ne restent pas des paroles en l'air.