LE 7 JUIN PROCHAIN, au soir de l’élection européenne, quel que soit le résultat, la fédération Régions et Peuples solidaires aura franchi un seuil. Nous sommes vingt ans après sa conception autour de l’élection de Max Simeoni, en juin 1989, déjà sur la liste des Verts, puis de son mandat de député européen mené avec le soutien de Kristian Guyonvarc’h, qui a été son assistant parlementaire pendant cinq ans. C’est au sortir de ce mandat qu’est intervenue la création officielle de R&Ps, il y a quinze ans, à travers une « liste de témoignage » qui, en réussissant le tour de force de relever le défi financier d’une telle candidature à l’échelle de la France, a fait naître ce sigle qui nous a définitivement unis et rendus solidaires. Depuis, nous avons mené ensemble notre combat politique, au sens le plus noble de ce terme trop souvent galvaudé. Nous nous sommes organisés, nous avons échangé, partagé, décidé et agi ensemble, malgré la grande difficulté pour faire entendre la voix du « régionalisme » dans une France repliée sur son centralisme jacobin. Mais aujourd’hui, le résultat est là : cette candidature éligible à l’élection européenne témoigne d’une crédibilité certaine, et elle nous donne une place reconnue sur la scène politique, au-delà de nos territoires proprement dits. Et si l’élection pouvait nous être favorable, l’essai serait magnifiquement transformé, et une nouvelle époque commencerait pour R&Ps. Notre fédération a trouvé sa place dans le rassemblement Europe Écologie conduit par Daniel Cohn- Bendit. Notre partenariat suivi avec les Verts nous a amenés autour de la table, et nous avons su convaincre du sérieux et de la qualité de notre engagement les autres composantes qui ne nous connaissaient pas, ou si peu, car nous n’avons jusqu’à ce jour jamais pu franchir le « mur médiatique » d’une presse « nationale », en réalité exclusivement parisienne. Dans ce premier challenge, il faut saluer l’exceptionnel élan de solidarité qui a fonctionné entre toutes nos composantes, et l’UDB n’a certainement pas été la dernière à apporter tout son soutien ! Nous avions défini ensemble un objectif, nous nous y sommes tenus, et nous l’avons atteint par notre solidarité et notre mobilisation qui, peu à peu, ont créé un « rapport de forces », au sens le plus politique du terme, c’est-à-dire en convaincant nos partenaires qu’avec l’acceptation d’un siège éligible pour R&Ps ils avaient à gagner, et qu’en cas de notre mise en retrait de la coalition ils avaient plus à perdre. Dans ce « rapport de forces » dénué de toute agressivité, bien au contraire, une autre dimension de notre union a joué un grand rôle, celle à laquelle nous participons au sein de l’Alliance libre européenne. Car l’alliance des Verts et de l’ALE, qui a été réalisée à Bruxelles entre les 37 députés Verts et les 6 députés de l’ALE (dont trois Celtes : deux Écossais et une Galloise !), va sortir largement renforcée par notre présence en bonne place sur les listes dont le chef de file est Daniel Cohn-Bendit, l’actuel président du groupe. Demain, l’élection va apporter son verdict. Il sera observé bien sûr dans le Sud-Est, où un député européen de Régions et Peuples solidaires peut être élu. Mais il le sera tout autant sur tous les territoires où nous sommes implantés, car ce qui importe, c’est le lendemain de l’élection. Au Parlement européen, où, avec le renfort des députés écologistes et « régionalistes » de tous les pays d’Europe, il faudra mettre en oeuvre une démarche politique apte à renverser le libéralisme productiviste de Barroso et à contrer le centralisme de l’État français sous toutes ses formes. Mais aussi sur nos territoires où le rassemblement qui entre en campagne aujourd’hui avec Europe Écologie est en mesure de modifier toute la donne politique. Avec ces élections européennes, nous sommes en train de mettre en place une formidable « rampe de lancement ». Dès les régionales de 2010, elle nous fera rebondir beaucoup plus haut si nous savons conforter les valeurs de cette union et développer son programme original, alors que toutes les autres offres politiques, de droite et de gauche, restent enlisées dans des schémas passéistes qui sont aujourd’hui mis par terre par la crise mondiale. Pour nous, l’objectif est simple : il faut gagner, écarter les forces traditionnelles du pouvoir et modifier en profondeur la société. La victoire d’Europe Écologie aux européennes va nous permettre d’aller ensuite vers de nouvelles victoires. Alors, amis autonomistes bretons, le 7 juin prochain, votez tous Yannick Jadot !
François Alfonsi, membre du Parti de la nation corse, candidat R&Ps sur la liste Europe Écologie en région Sud-Est


